Journal de campagne : François Hollande sort de son silence

En torpillant le pauvre Benoît Hamon au passage, donnant à demi-mot sa voix à Emmanuel Macron. Cela n'empêche pas M. Hollande de lâcher que l'ascension de ce dernier n'est, à ses yeux, que le fruit d'un "concours de circonstances". "Le chef de l'Etat, qui a renoncé le 1er décembre à briguer un second mandat présidentiel, précise qu'il votera " aux deux tours " du scrutin". Et, souligne-t-il, "j'appellerai à voter pour un candidat avant le second tour".

Jean-Luc Mélenchon, en forte progression dans les sondages, entend démontrer que ce n'est pas seulement ses talents de tribun qui attirent les foules mais bien son programme, pour tenter de décrocher sa qualification pour le second tour de la présidentielle.

La veille, François Hollande avait déjà fait irruption dans la campagne mettant en garde contre le "péril" Mélenchon, dont la percée dans les sondages pourrait constituer une menace pour Emmanuel Macron. Je considère que la politique a besoin de renouvellement et il n'y avait pas de raisons de s'opposer à sa tentative. Après la dernière vague d'attentats islamistes un peu partout en Europe, sans compter qu'il peut encore, d'ici à dimanche en huit, en avoir d'autres, il est probable qu'une partie des électeurs que Mélenchon et Le Pen ont en commun fassent au final le choix du candidat de "la France en ordre" plutôt que de "la France insoumise". "Personne n'imagine que Mélenchon puisse prendre le pouvoir", confiait-il à des visiteurs.

Le chef de l'Etat est en effet sorti de son silence dans les colonnes du Point paru hier pour livrer à Franz-Olivier Giesbert d'étonnantes confidences qui peuvent ressembler à un entretien testament, à quelques jours de son départ de l'Elysée.

Le candidat de la France insoumise est crédité de 29 % des intentions de vote chez les jeunes de 18 à 24 ans, selon un sondage Elabe pour les Échos.

Jean-Luc Mélenchon a beau avoir adouci son discours pour cette campagne électorale, il ne faut pas non plus lui demander de se montrer clément à l'égard de ses principaux rivaux.

Plus Jean-Luc Mélenchon monte dans les sondages, plus il est la cible d'attaques. Il se place en troisième position derrière Emmanuel Macron et Marine Le Pen dans les intentions de vote. "En tout cas, s'il ne le savait pas, il le sait maintenant".

"Il ne doit plus y avoir de primaires dans des partis de gouvernement", estime le vainqueur de la primaire de 2011 du Parti socialiste. "Sinon, il n'y aura bientôt plus de parti de gouvernement dans ce pays", prédit-il.

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