Les dispositions de la réforme constitutionnelle — Turquie

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Les Turcs sont appelés dimanche à se prononcer par référendum sur la modification de la Constitution qui vise à transformer le régime parlementaire en un régime présidentiel selon le souhait du président sortant Recep Tayyip Erdogan. Les juristes et les experts sont unanimement hostiles à cette réforme, qui remet en cause des dispositions fondamentales de l'Etat de droit, à commencer par la séparation des pouvoirs, rapporte Le Monde.

Depuis les grandes manifestations antigouvernementales du printemps 2013, brutalement réprimées, il est cependant également devenu la figure la plus critiquée de Turquie, ses détracteurs dénonçant une dérive autocratique et islamiste, rapporte Courrier international. "Il n'y a rien de tel à l'agenda", a assuré le président turc. Le MHP s'oppose à toute sorte de fédéralisme qui accorderait notamment aux régions kurdes du sud-est de la Turquie une forme d'autonomie.

Des femmes turques marchent lors d'un rassemblement pour appeler à voter "non" au référendum constitutionnel en Turquie, à Istanbul, le 13 avril 2017.

Les principales incertitudes pour M. Erdogan résident dans le vote des Kurdes, représentant un cinquième de la population, et celui du camp de la droite nationaliste, dont la base est divisée. L'exécutif sera concentré dans ses mains et le poste de Premier ministre disparaîtra. Haranguant les foules, il n'a cessé de répéter que ceux qui voteraient non feraient le jeu des séparatistes kurdes du PKK ou de Fethullah Gülen, le prédicateur installé aux Etats-Unis qu'Ankara accuse d'avoir fomenté le putsch raté. Cinq membres présumés de Daesh, soupçonnés de préparer un attentat d'envergure avant le référendum, ont été interpellés vendredi à Istanbul, alors que 19 autres avaient déjà été arrêtés mardi à Izmir (ouest).

Quelque 33.600 policiers seront déployés dimanche à Istanbul pour assurer la bonne tenue du scrutin, selon l'agence progouvernementale Anadolu.

Depuis le putsch manqué de juillet 2016, la Turquie connu une vague de répression sans précédent.

Erdogan, âgé de 63 ans, a été élu président en août 2014, après 12 ans passés en tant que Premier ministre.

Erdogan, au pouvoir depuis 2003, pourrait donc en théorie rester à la tête du pays jusqu'en 2029. La campagne prend officiellement fin samedi à 18h. Le ministère turc des Affaires étrangères a rejeté ce qu'il a décrit comme une "déclaration politique" en amont du référendum.

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