Tous les bulletins du référendum turc sont valides selon la commission électorale

Quelque 33.600 policiers seront déployés dimanche à Istanbul pour assurer la bonne tenue du scrutin selon l'agence progouvernementale Anadolu

Référendum en Turquie - L'UE prend note du résultat serré et invite à dégager un large consensus national

Dans un communiqué commun, Jean-Claude Juncker, le président de la Commission et Federica Mogherini, la cheffe de la diplomatie européenne demandent à Recep Tayyip Erdogan de rechercher le " consensus le plus large possible", au vu du " résultat serré du référendum et des implications profondes des amendements constitutionnels ".

La chancelière Angela Merkel a également appelé le président Erdogan à "un dialogue respectueux" en Turquie après le référendum. Paris a mis en garde lundi contre le rétablissement de la peine capitale, régulièrement évoqué par M. Erdogan, qui provoquerait une "rupture".

Face à ce qu'il dénonce comme des "manipulations" du scrutin, le deuxième parti d'opposition, le HDP, a indiqué dimanche soir qu'il allait demander un nouveau décompte jusqu'à 60% des bulletins de vote du référendum.

"Des modifications tardives dans la procédure de comptage (des voix) ont supprimé un important garde-fou" contre les fraudes, a affirmé M. Preda de l'APCE. Elle a expliqué que de nombreux électeurs s'étaient plaints que leurs bulletins n'avaient pas été tamponnés.

Il a précisé qu'il n'y avait pas de raisons de considérer invalides les bulletins de vote n'ayant pas le tampon officiel.

Aux termes de la réforme, le président deviendra l'unique détenteur du pouvoir exécutif, aura la haute main sur les pouvoirs judiciaire et législatif et pourra prendre des décrets.

Le gouvernement présentait cette révision constitutionnelle comme indispensable pour assurer la stabilité de la Turquie, mais l'opposition a déploré une campagne inéquitable, marquée par l'emprisonnement de responsables prokurdes et de journalistes critiques. Dans un discours télévisé, Recep Tayyip Erdogan a salué une "décision historique " du peuple turc et appelé les pays étrangers à "respecter " le résultat du scrutin.

La campagne pour le référendum aura été caractérisée par une extrême virulence qui a polarisé davantage la société, les dirigeants turcs assimilant les partisans du non à des complices des "terroristes" et des "putschistes". Un tel scrutin constituerait "une rupture avec (les) valeurs et (les) engagements" pris par Ankara "dans le cadre du Conseil de l'Europe", a souligné la présidence française. Âgé de 63 ans, il a occupé le poste de Premier ministre entre 2003 et 2014, avant d'être élu président.

Si sa victoire devait se confirmer, Erdogan, qui a échappé à une tentative de putsch le 15 juillet, disposerait non seulement de pouvoirs considérablement renforcés, mais pourrait en théorie rester à la tête de l'État jusqu'en 2029.

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