Campagne inéquitable, selon les observateurs internationaux — Turquie

Le président turc est attendu en milieu d'après-midi dans la capitale, où ses partisans devraient l'accueillir triomphalement, au moment où des observateurs de l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) et du Conseil de l'Europe rendront leurs conclusions préliminaires sur le déroulement du référendum.

"Des modifications tardives dans la procédure de comptage (des voix) ont supprimé un important garde-fou" contre les fraudes, a affirmé M. Preda de l'APCE.

Au lendemain d'un référendum dont le score serré illustre la polarisation de la Turquie, la chancelière allemande Angela Merkel a exhorté M. Erdogan à un "dialogue respectueux" pour apaiser une société turque au bord de l'implosion après une campagne électorale virulente.

Selon les chiffres de l'agence de presse progouvernementale Anadolu mis à jour dans la nuit de dimanche à lundi, Recep Tayyip Erdogan aurait obtenu que 51,41% des suffrages dimanche, après dépouillement des bulletins dans 99,97% des urnes. En Turquie, les deux principaux partis d'opposition, le CHP (social démocrate) et le HDP (prokurde), ont dénoncé des " manipulations " et annoncé qu'ils feraient appel du résultat du référendum.

"Globalement, le référendum n'a pas été à la hauteur des critères du Conseil de l'Europe", a-t-il toutefois noté, avant d'ajouter que "le cadre légal était inadéquat" s'agissant d'obtenir "un processus véritablement démocratique".

Le président de la commission électorale (YSK) a confirmé dans la soirée la victoire du "oui" avec 1,25 million de voix de plus que le "non" alors qu'il restait 600'000 bulletins à dépouiller. Mais l'opposition, qui l'accuse de dérive autoritaire, crie à la fraude.

Aux termes de la réforme, le président deviendra l'unique détenteur du pouvoir exécutif, aura la haute main sur les pouvoirs judiciaire et législatif et pourra prendre des décrets.

La campagne pour le référendum aura été caractérisée par une extrême virulence qui a davantage polarisé la société, les dirigeants turcs assimilant les parti " sans du "non" à des complices des "terroristes" et des "putschistes".

"L'organisation d'un référendum sur la peine de mort constituerait évidemment une rupture avec ces valeurs et ces engagements", ajoute l'Elysée, alors que le président turc a évoqué dimanche soir la possibilité d'organiser un nouveau référendum, celui-ci sur le rétablissement de la peine de mort. La Turquie est membre du Conseil de l'Europe.

Avec cette victoire, M. Erdogan, qui a échappé à une tentative de putsch le 15 juillet 2016, pourrait en théorie rester à la tête de l'Etat jusqu'en 2029. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP.

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