Erdogan évoque un nouveau référendum sur la peine de mort — Turquie

Toutefois, cette avance a été courte avec 51,34% des voix pour contre 48,66 % qui ont voté " non ", selon les résultats affichés sur le site de l'agence Anadolu après le dépouillement de 99% des urnes.

Les bureaux du vote, où quelque 55,3 millions de Turcs étaient appelés à dire oui ou non à une révision constitutionnelle accroissant les prérogatives du chef de l'Etat, ont fermé à 17H00 heure locale (14H00 GMT) et le dépouillement des bulletins de vote a aussitôt commencé.

Les Turcs ont voté sur une révision constitutionnelle visant à remplacer le système parlementaire par un système présidentiel. Le taux de participation au référendum a été de 85,6 %.

Dans un discours télévisé, le chef de l'Etat a salué une "décision historique" du peuple turc et appelé les pays étrangers à "respecter" le résultat du scrutin.

"Etant donné le résultat serré", le Conseil de l'Europe a lui appelé les dirigeants turcs à "envisager les prochaines étapes avec prudence".

Par ailleurs, le deuxième parti d'opposition, le HDP, a fait savoir sur Twitter qu'il allait contester les votes provenant des "deux tiers" des urnes. Il devra surtout justifier sa décision de dernière minute d'accepter comme valides de nombreux bulletins normalement considérés comme irréguliers - car exempts de sceau officiel.

Si l'opposition soutient le rétablissement de la peine capitale, "alors j'approuverai" cette mesure, a-t-il affirmé, si elle ne le soutient pas, "alors nous organiserons un nouveau référendum". Au cours d'un meeting samedi, M. Kiliçdaroglu avait comparé le système voulu par M. Erdogan à "un bus sans freins dont on ne connaît pas la destination". Aucun incident n'a été signalé lors de ces manifestations.

Les chiffres cités par l'agence montrent que le oui recueille de forts suffrages en Anatolie centrale tandis que le non domine dans les régions côtières proches de la mer Egée et dans le Sud-Est à majorité kurde, ainsi que dans les trois plus grandes villes du pays Istanbul, Ankara et Izmir. Des peurs et des promesses agitées pendant la campagne par le chef de l'Etat qui, dix jours avant le vote, appelait même les électeurs tentés par un refus à "ne pas mettre en danger leur vie après la mort".

"C'est une victoire pour Erdogan, mais aussi une défaite. C'est cela, l'origine de la crise de la Turquie moderne", explique Soner Cagaptay, analyste au Washington Institute.

Devant ses partisans, Monsieur Erdogan a indiqué qu'il ferait de la peine de mort, sa priorité après ce référendum.

De plus, la Commission européenne prend note du résultat du référendum.

S'il l'emporte, Recep Tayyip Erdogan, qui a échappé à une tentative de putsch il y a neuf mois, disposerait d'un pouvoir considérablement renforcé et pourrait en théorie rester président jusqu'en 2029. Le président turc, âgé de 63 ans, recherchait un plébiscite.

Le gouvernement présente cette réforme comme indispensable pour assurer la stabilité du pays et lui permettre d'affronter les défis sécuritaires et économiques qui s'annoncent. Quelque 47 000 personnes ont été arrêtées et plus de 100 000 limogées ou suspendues.

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