Trump félicite Erdogan pour sa victoire au référendum en Turquie

À peine conforté par sa courte avance au referendum, Recep Tayyip Erdogan fait comme s'il avait obtenu un plébiscite.

Alors que l'Europe a fait la fine bouche devant sa victoire d'une courte tête, une mission commune d'observateurs de l'OSCE et du Conseil de l'Europe ayant même estimé que le scrutin n'avait pas été "à la hauteur des critères" européens, Donald Trump a quant à lui téléphoné à son homologue pour le féliciter personnellement.

Selon les résultats diffusés par l'agence de presse progouvernementale Anadolu, le oui a recueilli 51,35% des suffrages après dépouillement des bulletins.

M. Erdogan a par ailleurs évoqué l'organisation d'un référendum pour décider ou non de poursuivre les négociations d'adhésion à l'Union européenne, au lendemain de sa victoire à la consultation populaire sur le renforcement de ses pouvoirs. Au résultat du referendum qui ferait du président turc un sultan des temps modernes aux pouvoirs élargis, les observateurs internationaux répondent que l'opposition n'a pas pu s'exprimer et que le scrutin a été inéquitable.

La Turquie s'est réveillée ce lundi matin avec un président au pouvoir considérablement renforcé malgré une victoire a minima au référendum. Et la population n'est pas en reste: des milliers de Turcs sont descendus cette nuit dans les rues d'Ankara, Izmir et Istanbul, les trois principales villes qui ont voté majoritairement "non". Ainsi, le Haut Conseil électoral aurait décidé de valider des bulletins qui ne comportaient pas le tampon officiel du bureau de vote où ils provenaient, a dénoncé le CHP à CNN-Türk.

M. Erdogan avait demandé dimanche soir aux organisations internationales et aux pays étrangers de "respecter la décision de la nation". " Ce résultat montre qu'une partie du pays ne veut pas rendre le pays plus fort et a une mentalité européenne, l'autre partie ce sont des vrais Anatoliens ", a renchéri un autre supporteur, Mustafa Umit Unsal.

Lors des manifestations des deux dernières soirées, il y a eu étonnamment très peu de policiers, pas de répression lors de ces rassemblements, ce qui est très rare, très étonnant pour des manifestations anti Erdogan à Istanbul.

La révision constitutionnelle prévoit en particulier l'abolition du poste de Premier ministre au profit d'un hyperprésident, alors que M. Erdogan est déjà accusé d'autoritarisme par ses détracteurs. La relation entre la Turquie et les États-Unis semblent donc de bon aloi.

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