Des observateurs étrangers déplorent des conditions inéquitables

M. Erdogan a aussi adopté un ton ferme à l'égard de l'Union européenne, évoquant l'organisation d'un référendum pour décider de poursuivre ou non les négociations d'adhésion de la Turquie. Si le "oui" l'a largement emporté dans les régions rurales conservatrices, le "non" a été nettement en tête dans les grandes villes comme Istanbul, Izmir, mais aussi dans le Sud-Est, à population majoritairement kurde. L'étroitesse de sa victoire, contestée par l'opposition, pourrait avoir l'effet inverse.

Dans un communiqué séparé, le ministère français des Affaires étrangères précise que Paris "examinera avec attention le rapport d'évaluation de l'OSCE et des membres de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe qui ont participé à l'observation de ce scrutin".

"C'est la première fois, aussi loin que je m'en souvienne, que la légitimité d'un scrutin et l'équité d'une procédure ont été examinées d'aussi près en Turquie", estime M. Hakura.

"Nous ne lisons, nous n'entendons ou nous n'acceptons jamais les rapports politiques que vous préparez", a-t-il dit plus tard dans la soirée à l'intention des observateurs.

Il a également estimé que tous les débats sur les changements constitutionnels étaient clos à présent et s'est dit prêt à organiser, si nécessaire, un autre référendum sur la candidature européenne de la Turquie. La peine capitale a été abolie en 2004 en Turquie dans le cadre de la candidature d'Ankara à l'entrée dans l'Union européenne. Son rétablissement marquerait la fin des négociations sur cette adhésion.

Le responsable de l'APCE a notamment relevé le fait que le référendum avait été organisé en plein état d'urgence, en vigueur depuis un putsch avorté en juillet. Selon des sources proches d'Erdogan, Donald Trump a cependant appelé son homologue turc pour le féliciter. "Le gouvernement (allemand) attend que le gouvernement turc, après une campagne électorale dure, cherche maintenant un dialogue respectueux avec toutes les forces politiques et dans la société " a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel, dans des propos cités par l'AFP. "Nous n'avons aucune information sur ce sujet", a souligné M. Preda, ajoutant que cela ne relevait "pas de notre compétence".

Les relations entre Ankara et l'UE se sont fortement tendues ces derniers mois, le président turc accusant certains dirigeants européens d'avoir recours à des "pratiques nazies" après qu'ils ont annulé des meetings de certains de ses ministres sur leur territoire.

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