Les démélés fiscaux de Thomas Thévenoud au tribunal

Dates clés de la vie de Thomas Thevenoud

Dates clés de la vie de Thomas Thevenoud

Ils ont "déjà été sanctionnés par l'administration fiscale, leur place n'est donc pas devant le juge pénal ".

Sur le bureau du tribunal, le dossier n'est pas si épais qui ne retient contre eux que l'omission de déclaration de leurs revenus en 2012 et les retards systématiques avec lesquels ils ont renvoyé celles de 2009, 2010, 2011 et 2013, susceptibles de constituer le délit de fraude fiscale. Et ce, pour un montant total de 70 500 euros, auxquels sont venus s'ajouter 20 500 euros de pénalités de retard.

Thomas Thévenoud et son épouse comparaissaient ce mercredi devant le tribunal correctionnel de Paris pour fraude fiscale.

La défense s'attachera quant à elle, ce mercredi au tribunal, de démontrer que l'administration fiscale avait "parfaitement connaissance de tous les revenus du couple, et que l'affaire n'a donner lieu à aucune dissimulation de revenus, à aucun compte caché ou enrichissement" personnel.

"Il y a sans doute une part d'ombre et de clivage entre le personnage public et le contribuable privé, c'est irrationnel", tente Thomas Thévenoud qui, alors même qu'il fait partie de la commission d'enquête sur l'affaire Cahuzac, en 2013, continue pourtant d'ignorer les mises en demeure de l'administration fiscale.

Pendant neuf jours, il avait été secrétaire d'Etat en charge du commerce extérieur avant de devoir démissionner devant le tollé provoqué par cette affaire.

Il est ainsi le ministre le plus éphémère de la Ve République, avec Léon Schwartzenberg en 1988. Ministre délégué à la Santé du gouvernement Rocard, ce dernier avait été poussé à la démission lui aussi neuf jours après son entrée en fonction, en juillet 1988, après des déclarations controversées sur la toxicomanie. Pis, il était aussi membre de la commission... des Finances de l'Assemblée. Il a de fait annoncé qu'il ne se représenterait pas aux prochaines législatives et qu'il arrêtait la politique. Le couple, également épinglé dans la presse pour des impayés de loyer ou de cantine scolaire pour leurs jumelles âgées de 9 ans, n'ouvrait pas son courrier, a détaillé Sandra Thévenoud, alors chef de cabinet de l'ancien président du Sénat Jean-Pierre Bel."On s'est installés dans un comportement à la fois irresponsable et stupide".

Non seulement l'aveu de sa "phobie administrative" lui avait valu des railleries, mais ses déclarations d'impôts tardives lui ont aussi valu aussi un procès.

Ses problèmes fiscaux étaient connus au plus haut niveau de l'État, raconte-t-il dans son livre, "Une Phobie française", publié il y a un an.

Un "travers" dont il cherche "encore aujourd'hui la cause".

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