Attentat sur les Champs-Elysées : le parcours judiciaire chargé de Karim Cheurfi

Un ruban noir sur l'insigne d'un policier en hommage à deux collègues tués en service le 26 février 2013 à Marseille

Un ruban noir sur l'insigne d'un policier en hommage à deux collègues tués en service le 26 février 2013 à Marseille

L'attaque sur les Champs-Elysées à Paris, qui a coûté la vie jeudi soir à un policier, a tendu la campagne présidentielle et replacé les débats sur la lutte antiterroriste au cœur de l'élection à deux jours du premier tour.

L'assaillant est tué après avoir blessé deux autres policiers, dont l'un grièvement d'une balle au bassin, ainsi qu'une touriste allemande touchée au talon, a précisé une source policière.

Il avait été arrêté le 23 février, après avoir affirmé en décembre à un proche vouloir "tuer des policiers en représailles de ce qui se passait en Syrie", pris des contacts pour acheter des armes et avoir acheté des couteaux commando, une go-pro et des masques sur internet.

Selon une source proche de l'enquête sur la fusillade des Champs-Élysées, l'homme signalé par les Belges, âgé de 35 ans et présenté comme "très dangereux", devait être entendu dans un dossier belge.

L'État islamique a revendiqué l'attaque.

Plusieurs candidats -Marine Le Pen, François Fillon et Emmanuel Macron- ont annulé leurs déplacements vendredi, mais les déclarations politiques se sont succédé et le sujet tourne en boucle sur les chaînes d'infos depuis jeudi soir.

Ce vendredi après-midi, trois membres de la famille de Karim Cheurfi sont sous le régime de la garde-à-vue.

Karim Cheurfi a passé quatorze ans de sa vie en prison pour quatre condamnations. Pendant sa garde à vue, il avait de nouveau blessé un policier après lui avoir volé son arme. Mais le procureur de la République de Paris, François Molins, a confirmé ce vendredi qu'il s'agissait de Karim Cheurfi.

Il avait été libéré mais la section antiterroriste avait quand même ouvert une enquête pour "entreprise individuelle terroriste", prenant en compte ses antécédents judiciaires. Il sera libéré au bout de 10 ans. Mais à moins d'un comportement exemplaire, Karim Cheurfi n'aurait pu bénéficier de plus de sept mois de réduction de peine sur les 24 ferme auxquels il a été condamné. Cela pose donc la question de savoir s'il s'agit du même homme que celui nommé par l'EI. "Il y a un problème de justice pénale sur lequel il faudra se pencher", a déclaré le secrétaire général du syndicat Alternative Police-CFDT Denis Jacob, pour qui il y a aussi un problème de transmission des informations entre services de renseignement. Et un Coran a également été retrouvé dans son véhicule, selon des sources proches de l'enquête. "Ce qui semble logique, c'est que l'EI avait l'intention de faire quelque chose pendant la présidentielle".

Y a-t-il malgré tout un lien avec la Belgique?

"Le nom 'Le Belge' ne peut pas correspondre à Karim C., puisque ce dernier est français", a ajouté le spécialiste avant d'avancer trois hypothèses: Abu Yussef Le Belge pourrait être le nom donné par Daesh à Karim C. "puisqu'il a vécu un moment en Belgique, sous une autre identité".

A hauteur du 104 de l'avenue des Champs Elysées, devant le magasin Marks & Spencer, un homme arrive en voiture peu avant 21 heures.

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