Attentat sur les Champs-Élysées: qui est Karim Cheurfi?

L'assaillant a abattu de sang froid un policier et blessé deux autres fonctionnaires ainsi qu'une touriste sur l'avenue la plus emblématique de la capitale.

L'attaque a été aussitôt revendiquée par le groupe jihadiste Etat islamique (EI), à l'origine de la plupart des attentats, parfois de masse, qui ont fait 238 autres morts depuis 2015 en France.

"Il ne cachait d'ailleurs pas son homosexualité à ses collègues, rapporte Alain Parmentier, vice-président de Flag!, Il voulait rapprocher ce public de la police, faire en sorte que chacun marche main dans la main".

Plus de 50 000 policiers et gendarmes ont été mobilisés pour protéger le scrutin de dimanche. "Rien ne doit entraver (le) rendez-vous démocratique" de la présidentielle, a déclaré le Premier ministre Bernard Cazeneuve. Mais le parcours chaotique de ce Français de 39 ans, progressivement mis au jour au lendemain de l'attentat, laisse entrevoir toutes les difficultés de la lutte actuelle contre le terrorisme. Elle pourrait "être en mesure de faire bouger les lignes et resserrer les écarts", estime Adélaïde Zulfikarpasic, directrice de l'Institut de sondages BVA.

Plusieurs candidats à l'élection présidentielle ont annoncé l'annulation de leurs déplacements -François Fillon et Marine Le Pen- ou de leurs meetings. Le candidat socialiste Benoît Hamon, a pour sa part dénoncé une "sordide surenchère politique". Il est déjà arrivé que l'Etat islamique se trompe dans ses revendications.

Le Premier ministre les a en retour accusés d'"instrumentaliser" l'événement, reprochant notamment à Marine Le Pen d'"exploiter sans vergogne la peur et l'émotion à des fins exclusivement politiciennes".

Le centriste Emmanuel Macron a en revanche appelé à ne pas céder "à l'instrumentalisation qui serait d'utiliser la peur", tout en jugeant que "nous vivrons durablement avec la menace terroriste".

Seul le tribun de la gauche radicale à la tête de son mouvement "La France insoumise", Jean-Luc Mélenchon, a maintenu un "apéro insoumis" prévu vendredi soir dans un quartier parisien.

En juin 2003, La République de Seine-et-Marne avait suivi le procès d'assises de Karim Cheurfi, alors âgé de 25 ans, à Melun. En 2014, Karim Cheurfi est de nouveau condamné, cette fois pour vol aggravé, à 4 ans de détention dont 2 avec sursis et mise à l'épreuve. Mais un message manuscrit prenant la défense de Daech (acronyme de l'EI en arabe) a été retrouvé près du corps de l'assaillant, et un Coran dans sa voiture. Interpellé et conduit au commissariat où il est placé en garde-à-vue, il parvient à s'emparer de l'arme d'un gardien de la paix, tire à cinq reprises sur le policier qui va, tout de même, réussir à maîtriser le suspect. En janvier dernier, le parquet antiterroriste est saisi, car "il cherche a se procurer des armes et veut tuer des policiers", a indiqué le procureur. Aucune preuve n'ayant été découverte lors des perquisitions, Karim Cheurfi est relâché en février 2017.

Salim, un ami de la famille, le décrit auprès de l'AFP comme un type qui "a un grain" et "a passé une bonne partie de sa vie en prison". Pour un voisin, "ses actes, ses réactions, sa façon de marcher, son attitude était en décalage, comme s'il venait de Mars".

La France vit sous le régime de l'état d'urgence depuis les attentats du 13 novembre 2015 (130 morts). Les deux hommes décident de suivre sa voiture. Il s'agit du titulaire de la carte grise du véhicule utilisé pour l'attentat.

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