En Guyane, le conflit est terminé après plus d'un mois de blocage

GABRIEL BOUYS  AFP

GABRIEL BOUYS AFP

Le mouvement social a pris fin ce vendredi en Guyane, après la signature d'un accord entre les représentants du mouvement, les élus guyanais et le gouvernement. Mais alors que les barrages avaient commencé à être démontés vendredi matin à Cayenne et dans sa périphérie, à Kourou le giratoire qui marque l'entrée du centre spatial guyanais (CSG) et bloque depuis un mois le décollage de la fusée Ariane restait bloqué.

Les désaccords entre le collectif et les autorités s'étaient cristallisés sur la mobilisation de fonds supplémentaires, le premier ministre Bernard Cazeneuve ayant qualifié d'"irréaliste" le montant de l'aide réclamée. "On a réussi à ce que le protocole de l'accord paraisse [prochainement] au journal officiel et maintenant on pourra travailler avec ce document et aller en justice si on n'est pas satisfaits", s'est félicité devant la presse, Davy Rimane, porte-parole du collectif. En actant les 2,1 milliards d'euros réclamés, l'Etat s'engage a ce qu'ils fassent "l'objet d'un examen prioritaire pour mettre en œuvre un plan additionnel", a expliqué la ministre dans un communiqué (voir ci-dessous). Au total, l'accord s'élève donc à plus de 3 milliards d'euros.

Cette journée déterminante pour l'avenir de la Guyane conclut un travail sérieux et un dialogue constant depuis le début du mouvement social, initié par le déplacement de la mission interministérielle de haut niveau puis par le déplacement d'Ericka Bareigts et de Matthias Fekl, ministre de l'Intérieur, sur place.

Le plan acte "des mesures qui serviront d'amorçage pour le développement du territoire sur des bases nouvelles (...) et qui repositionneront la Guyane sur une trajectoire d'égalité réelle avec le reste du territoire national (...)".

Sur le foncier, l'Etat s'engage aussi "à céder gratuitement 250.000 hectares à la Collectivité Territoriale Guyanaise et aux communes de Guyane", et 400.000 hectares aux Amérindiens et Bushinengués.

Et le collectif a obtenu la garantie qu'il n'y aurait aucune poursuite judiciaire, pénale et financière envers "les signataires de l'accord". "L'Etat nous doit sept milliards et pas deux", a asséné Olivier Goudet, membre du mouvement des "500 frères", dont la particularité est de défiler cagoulés.

Après une marche qui avait rassemblé des milliers de Guyanais le 28 mars, la tension s'était accentuée depuis plusieurs jours dans la population, partagée sur l'opportunité de poursuivre les barrages qui ont pénalisé l'économie et entraîné des pénuries de produits.

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