La mobilisation continue en Guyane française

Le lanceur Ariane 5 décolle de Kourou en Guyane le 14 février 2017

Le lanceur Ariane 5 décolle de Kourou en Guyane le 14 février 2017

"Pou la Gwiyann dékolé", demandeur de mesures sécuritaires, économiques et sociales pour permettre au territoire d'outre-mer de rattraper son retard sur l'Hexagone, réclamait plus de 3 milliards d'euros à l'Etat, alors que celui-ci a mis sur la table un plan d'urgence de plus d'un milliard d'euros.

Un protocole d'accord de sept pages, élaboré par le collectif "Pou la Gwiyann dékolé" qui coordonne le mouvement social "pour suspendre le mouvement sous sa forme actuelle", a été envoyé le 16 avril au gouvernement, qui en a accusé réception.

Il a assuré que le mouvement était "à l'orée d'une signature possible", à quelques jours de la présidentielle.De son côté, le préfet de Guyane Martin Jaeger a affirmé à la presse que le texte était "dès ce soir" soumis à signatures.

"Sur les 2 milliards, nous pouvons discuter", "ce ne sont qu'une pompe d'amorçage", a-t-elle ajouté. Pendant la journée de mercredi, le collectif avait travaillé sur la proposition de protocole envoyée la veille par le gouvernement.

Mais deux points sont non négociables: "le gouvernement doit acter le fait que le peuple guyanais veut se prendre en main", a indiqué Mme Vanoukia.

M. Rimane a également souligné que "l'Etat a acté le fait qu'il n'y aurait aucune poursuite judiciaire, pénale et financière envers les participants au mouvement", alors que des contrôles de police ont été menés sur les barrages après des plaintes de particuliers pour "entrave à la circulation".

"Je vais signer, en hommage au collectif (.) et parce qu'il y a la levée des barrages".

Après une marche qui avait rassemblé des milliers de Guyanais dans un idéal d'unité le 28 mars, la tension s'était accentuée depuis plusieurs jours dans la population, partagée sur l'opportunité de poursuivre les barrages qui ont pénalisé l'économie, cloué la fusée Ariane au sol et entraîné des pénuries de produits, notamment frais. Selon le préfet, plus de 500 entreprises guyanaises ont déjà demandé des mesures de chômage partiel à cause du mouvement social. L'Etat a certes signé un plan d'urgence de plus d'un milliard d'euros mais les manifestants n'ont pas abandonné leur combat.

La réponse du gouvernement intervient alors que le leader charismatique du mouvement, Mickael Mancée, a annoncé qu'il quittait le collectif, car "l'évolution de la mobilisation et des événements n'est pas en adéquation avec (sa) vision des choses". "Au lieu d'un plan de convergence défini par la loi pour tous les territoires d'outre-mer, le collectif propose " un projet Guyane " de 2,1 milliards - " dans le cadre spécifique de la réalité locale ". Mais les conséquences de la grève sont plus larges: services administratifs fermés, liaisons aériennes aléatoires, absence de courrier, campagne électorale perturbée.

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