Spirale de la violence au Venezuela: 20 morts en trois semaines

Les précisions de Eduardo Salazar Uribe, notre envoyé spécial au Venezuela: 'Dans les prochaines heures l'opposition pourrait décider de nouvelles actions, dont une grève générale, tant que le bureau national des élections ne se prononce pas'.

Au lendemain de plusieurs manifestations anti-Maduro au cours desquelles 3 personnes ont été tuées et une trentaine d'autres blessées, l'ensemble de l'opposition vénézuelienne a lancé ce jeudi un appel en faveur de la poursuite du mouvement, exhortant ses partisans à organiser de nouveaux rassemblements contre le successeur de Hugo Chavez.

Huit personnes sont mortes électrocutées pendant un pillage à Caracas, où de violentes manifestations se poursuivent contre le président Nicolas Maduro sur fond de crise économique aiguë, a déclaré vendredi un responsable des secours. Une femme de 23 ans a également " reçu un tir dans la tête " à San Cristobal, selon une source du parquet sous le couvert de l'anonymat. La veille au soir, l'opposant Henrique Capriles avait déjà appelé "le peuple tout entier à se mobiliser", lors d'une conférence de presse organisée à la hâte par la Table de l'unité démocratique (Mesa de la Unidad Democrática, MUD), formation coalisée des partis d'opposition. Le gros de la manifestation s'est alors replié vers l'est de Caracas, mais un groupe de jeunes aux visages camouflés par des foulards ont continué à défier les forces de l'ordre, leur lançant des pierres et des cocktails Molotov, ont constaté des journalistes de l'AFP. Des témoins ont indiqué que les auteurs des tirs faisaient partie dans les deux cas des " colectivos, " des groupes de civils armés par le gouvernement selon l'opposition.

"Il faut sortir de cette dictature".

"Nous n'avons rien à manger dans le réfrigérateur". Une vingtaine de stations de métro et de nombreux commerces de Caracas étaient fermés. Signe de la crispation des autorités, deux chaînes de télévision étrangères, El Tiempo (Colombie) et Todo Noticias (Argentine), ont dit avoir été coupées au Venezuela au moment des manifestations de mercredi.

M. Maduro a activé mardi un plan de défense renforçant la présence policière et militaire pour déjouer un "coup d'Etat terroriste" fomenté selon lui par les Etats-Unis, une accusation fermement rejetée par Washington. La contestation est née du tollé provoqué par une décision autorisant la Cour suprême à s'arroger les prérogatives du Parlement le 1er avril dernier. Les opposants toutefois ont dénoncé une tentative de coup d'État et réclament désormais le départ anticipé de Nicolas Maduro. Selon un sondage Venebarometro, sept Vénézuéliens sur dix souhaitent son départ. Il a pourtant assuré mercredi souhaiter des élections "bientôt", pour "gagner définitivement" la bataille.

"Je condamne toutes les violences d'Etat, que ce soit au Venezuela, à Barheïn ou ailleurs, quoiqu'elles ne soient pas de même nature et intensité", a commenté Jean-Luc Mélenchon, bien placé dans les intentions de vote, à trois jours du premier tour, pour concurrencer le centriste Emmanuel Macron, la chef de l'extrême droite Marine Le Pen, et le conservateur François Fillon. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.

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