Une fin de campagne présidentielle sous tension après l'attaque de Paris — France

Champs-Elysées: Macron dénonce la

Juste avant le 1er tour, des électeurs toujours aussi indécis

Son attaque sur les Champs-Elysées a été presque aussitôt revendiquée par le groupe jihadiste Etat islamique (EI), mais cette revendication pose question puisque l'organisation donne un nom de guerre d'un jihadiste belge nommé comme "Abu Yussef le Belge".

Qualifié de "lâche et barbare" par les grandes organisations musulmanes de France, cet attentat a poussé certains candidats à la présidence à annuler leurs déplacements mais a dominé les discours au dernier jour de la campagne qui se termine vendredi à minuit.

Le président français François Hollande a promis dans une allocution télévisée depuis le palais de l'Elysée une "vigilance absolue" pour sécuriser la présidentielle, dont le premier tour se tient dimanche. Elle pourrait "être en mesure de faire bouger les lignes et resserrer les écarts", estime Adélaïde Zulfikarpasic, directrice de l'Institut de sondages BVA. Le président américain Donald Trump, évoquant "une attaque terroriste", a présenté ses "condoléances au peuple de France".

S'exprimant à son QG de campagne à Paris, Marine Le Pen a appelé une nouvelle fois à la "maîtrise de nos frontières" et à la fin de l'espace Schengen. Et Bernard Cazeneuve le Premier Ministre est sorti de sa réserve ce matin pour condamner les propos - et de Marine Le Pen et de François Fillon sur ce sujet.

Le jeune centriste Emmanuel Macron a lui aussi dénoncé les "surenchères" de ses adversaires et promis une lutte "implacable " contre le terrorisme. Les quatre principaux candidats sont crédités d'intentions de vote se situant dans un mouchoir de poche.

La police a découvert, par la suite, un arsenal dans le véhicule de l'individu: un fusil à pompe avec des munitions de calibre 12, deux gros couteaux de cuisine, un sécateur et un Coran. Et même si un attentat de grande ampleur reste toujours possible, organisé par une cellule qui échapperait à la mobilisation des services anti-terroristes, "l'acharnement meurtrier de Daech (acronyme en arabe de l'EI) contre la France masque mal une dégradation continue de ses capacités de frappe dans notre pays", assure vendredi le chercheur Jean-Pierre Filiu, professeur à Sciences Po Paris.

En prison, Cheurfi n'a pas montré de "signes de radicalisation ou de prosélytisme", selon François Molins.

Condamné dernièrement pour une affaire de vol avec effraction, Karim Cheurfi s'était présenté devant son juge le 7 avril 2017 qui lui a "rappelé ses obligations (.) sans procéder à la révocation de son sursis avec mise à l'épreuve" a fait savoir le procureur de Paris. Aux alentours de 22 h 15, le parquet antiterroriste s'est saisi de l'enquête et a confié les investigations à la section antiterroriste de la brigade criminelle du 36, quai des Orfèvres (SAT) ainsi qu'à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

En février 2005, il avait ainsi été condamné à quinze ans de réclusion pour avoir tenté de tuer un élève gardien de la paix portant un brassard de police ainsi que le frère de celui-ci.

Karim Cheurfi est un homme de nationalité française, âgé de 39 ans, né à Livry-Gargan, en Seine-Saint-Denis.

Salim, un ami de la famille, le décrit auprès de l'AFP comme un type qui "a un grain" et "a passé une bonne partie de sa vie en prison". Pour un voisin, "ses actes, ses réactions, sa façon de marcher, son attitude étaient en décalage, comme s'il venait de Mars ".

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