Xavier Jugele, le policié tué sur les Champs-Elysées

Pour un voisin, "ses actes, ses réactions, sa façon de marcher, son attitude étaient en décalage, comme s'il venait de Mars". Rattrapé par les deux frères, il avait fait l'usage de son arme et blessé grièvement l'un d'eux au thorax.

L'agresseur a touché de deux balles dans la tête le policier de 37 ans installé derrière le volant, lui coûtant la vie. Alors qu'une nouvelle attaque terroriste a eu lieu sur le sol français, sur les Champs-Élysées, aux alentours de 21 heures, la chaîne a pris la décision d'interrompre "15 minutes pour convaincre" à 21h50 seulement.

Karim Cheurfi, qui semble avoir agi seul selon les premiers éléments de l'enquête, avait été condamné en 2005 à quinze ans de réclusion pour tentatives d'homicide volontaire, notamment sur un policier en Seine-et-Marne. C'est ici, dans une petite maison située au 24 allée Hervé Legrand dans la partie pavillonnaire du quartier des Coudreaux, que vivait Karim Cheurfi, l'assaillant abattu à Paris par les forces de l'ordre.

" Ne cédez rien à la peur, ne cédez rien à la division, ne cédez rien à l'intimidation", a-t-il martelé, rappelant qu'il avait annulé deux rassemblements publics, " par décence", mais sans interrompre sa campagne, " car la démocratie est plus forte ". "Il n'était pas fiché S et n'avait pas présenté, pendant ses presque 14 ans de prison, de signe de radicalisation ou de prosélytisme", a répété le procureur.

"Parce que la haine peut ronger la sagesse et la conscience d'une personne, parce que la mentalité d'ennemi peut empoisonner l'esprit d'une nation, fomenter des luttes à mort, détruire l'humanité, la tolérance d'une société et faire obstacle à la marche d'un pays vers la liberté et la démocratie, je souhaite être capable de transcender mon expérience personnelle pour envisager le développement du pays et les changements de la société, pour faire face à l'hostilité du pouvoir, avec bienveillance, et répondre à la haine par l'amour", La philosophie du porc et autres essais de Liu Xiaobo. Après sa libération conditionnelle, il n'avait pas particulièrement fait parler de lui. "(.) Il avait réussi à se faire un peu oublier", rapporte une source policière.

Dans son voisinage, l'assaillant n'est pas décrit comme un homme radicalisé ayant pu graviter dans la nébuleuse salafiste djihadiste. "Vous lui disiez 'Daech' (acronyme arabe de l'EI), je suis sûr qu'il ne savait même pas ce que c'était", balaye Salim. "Il ne savait même pas se servir d'une télécommande, alors aller sur internet et contacter Daech, j'imagine pas!". Il était marqué par la prison. Il avait été arrêté le 23 février, parce qu'il était soupçonné de vouloir s'en prendre à des policiers, selon des sources proches de l'enquête. A Chelles, l'homme n'était cependant pas connu comme ayant une quelconque pratique musulmane communautaire. "Je vais souvent à la mosquée, je ne l'y ai jamais vu", dit Salim.

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