Les enseignements d'un premier tour hors-norme — Présidentielle

Présidentielle duel Macron Le Pen au second tour

Emmanuel Macron et Marine Le Pen sont qualifiés pour le second tour de la présidentielleEric FEFERBERG JOEL SAGET

Le débat télévisé d'entre-deux-tours de la présidentielle entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen "devrait avoir lieu", a déclaré lundi sur franceinfo le directeur de campagne de la candidate frontiste, David Rachline. "Sa qualification au second tour a balayé, au moins provisoirement, des institutions politiques de longue date, les gaullistes-conservateurs Les Républicains, tout comme les socialistes au pouvoir (du président) François Hollande".

Les Normands ont décidé de placer Marine le Pen en tête.

Aux antipodes sur tous les plans -ouverture/repli, diversité/identité, libéralisme/protectionnisme-, Emmanuel Macron et Marine Le Pen ont un point commun: chacun à la tête d'une formation autoproclamée "ni droite ni gauche", ils sont parvenus à capitaliser sur le désir de renouvellement politique des Français.

Généralement décrit comme "social-libéral" ou "social-démocrate", favorable à l'activité privée et pro-européen, Emmanuel Macron, a gagné au cours des dernières semaines la sympathie des acteurs de marché.

Il compte aussi sur les voix données à Jean-Luc Mélenchon, estimant que ses électeurs "ont voulu porter un cri de colère contre le système et aujourd'hui seule Marine Le Pen incarne ce hors-système".

La Bourse de Paris, galvanisée par l'anticipation d'une victoire de l'ancien ministre de l'Économie, voyait les valeurs bancaires bondir pour certaines de quelque 10%.

Pour ce second tour, Marine Le Pen devra rassurer tout d'abord les Français inquiets par la radicalité de son programme, sur l'immigration ou sur la sortie de l'UE et de l'euro.

Sévèrement battu, François Fillon a affirmé dans l'après-midi devant le bureau politique des Républicains n'avoir "plus la légitimité pour mener" la bataille des législatives et vouloir "redevenir un militant de cœur", sans plus de précision.

Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) - 4,75%. Et c'est aussi la première fois qu'aucun des deux grands partis qui ont dominé la vie électorale depuis près de cinquante ans - Les Républicains (LR) et le Parti socialiste - n'est pas présent.

A droite, Les Républicains pansent leurs plaies.

"Au PS, Manuel Valls a analysé " la fin d'un cycle ". Une telle politique "mettrait en cause les libertés et les principes de la république (...) la conception même que l'on a de la France, l'unité de notre nation, sa place dans l'Europe et le monde". Personnellement je ne le crois pas.

Quelque 47 millions de Français ont été appelés à voter dimanche 23 avril lors du premier tour. "D'un autre côté, ils ne peuvent pas non plus appeler à voter Macron sans perdre la légitimité qui leur vient de la Manif pour tous et de son combat pour la famille", ajoute-t-il. D'autant que le crédit du parti auprès d'eux est largement entamé: "Ils lui ont tous tiré dans les pattes (à François Fillon) [.] Cette défaite c'est aussi la leur", jugeait de nombreux supporters du député de Paris dimanche soir.

Déjà, l'inventaire de la campagne de François Fillon a commencé.

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