Macron et LePen seront au secon — Elections France

Quinze minutes chrono sur un marché, le temps de s'offrir quelques images devant des télévisions triées sur le volet tandis que le reste de la presse était dérouté vers Béthune: Marine Le Pen a quitté son QG de la veille, Hénin-Beaumont, lundi matin vers Paris, et fait une courte halte sur le marché de Rouvroy, où elle a réuni au premier tour 42,7% des suffrages exprimés. Une constante qui constitue le socle, si l'on ose dire, du plafond de verre, en l'occurrence plutôt un plafond en béton armé, auquel se heurte le Front national dans le pays. Fait inédit, quatre candidats -parmi lesquels ne figure pas le socialiste Benoît Hamon- semblent aujourd'hui en mesure d'accéder au second tour: Marine Le Pen, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon et François Fillon.

Illustrant le large soutien dont bénéficie le candidat d'En Marche! au sein des institutions européennes à Bruxelles, Federica Mogherini, haute représentante de l'UE pour la politique étrangère, a elle aussi salué sa performance.

Nicolas Dupont-Aignan, souverainiste et candidat Debout la France qui obtenu environ 4,7% des voix, donnera son choix "en début de semaine". Elle aura enfin à rallier à elle l'électorat de droite déboussolé par les affaires affectant François Fillon, alors qu'elle a elle-même rencontré des ennuis avec la justice, refusant mi-mars de se rendre à une convocation de la justice dans l'enquête sur les soupçons d'emplois fictifs d'assistants parlementaires européens. Moscou se résigne de son côté à une victoire d'Emmanuel Macron, espérant une amélioration des relations entre les deux pays.

La candidate frontiste, qui a fait du slogan "achetons français" sa marque de fabrique, promet ainsi de renégocier les traités commerciaux internationaux et de rétablir des barrières douanières, en imposant une taxe de 3% sur certaines importations.

Christine Boutin, ancienne présidente du Parti chrétien démocrate (PCD), juge l'adhésion "possible" au vote Le Pen.

Cette "autopsie" du vote a été réalisée auprès d'un échantillon de 9.010 personnes, inscrites sur les listes électorales et ayant voté au premier tour de l'élection présidentielle 2017. Certes Marine Le Pen ne se place pas en première place de ce premier tour, mais elle continue sa progression en nombre de suffrages, agrégeant sur son nom plus de 1 million de votes supplémentaires depuis les dernières élections en 2012. Son programme est ainsi "en rupture assumée avec la construction européenne", insiste-t-il.

Les deux candidats sont également en porte-à-faux sur la question des finances publiques.

Le député frondeur n'arrive en tête dans aucun département, un score historiquement bas pour le Parti socialiste.

En revanche, le Front National n'est pas en tête dans les grandes villes. Il devra également effacer l'image "hors sol jamais élu" en parlant directement à cet électorat populaire que convoite Le Pen. "Le projet du Front national, c'est la certitude de l'abaissement moral de la nation, de la division des Français et du chaos économique" a déclaré l'ancien ministre, première figure de la droite à avoir appelé à voter Emmanuel Macron, hier soir. "Je voterai donc pour Emmanuel Macron". Dans le XIe, le paysage politique est presque le même: 38,80% pour Emmanuel Macron, 23,76% pour Jean-Luc Mélenchon et 16,13% des électeurs favorables à François Fillon.

"Le second tour opposera donc le social-libéralisme au nationalisme, l'ouverture à la fermeture, l'Europe unie à la France seule", explique le quotidien de gauche.

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