" Vider les gymnases " est la priorité de la Ville — Grande-Synthe

Dès leur arrivée à Grande-Synthe, hier, les ministres de l'Intérieur et du Logement, Matthias Fekl et Emmanuelle Cosse, se sont rendus sur les lieux du sinistre. Pour les Hauts-de-France, le préfet du Nord, également préfet de Région, " a mobilisé 160 places supplémentaires", a-t-elle précisé. "Nos bénévoles nous disaient qu'il y avait des tensions depuis des semaines", explique François Guennoc, le vice-président de l'Auberge des Migrants.

Selon le préfet et les récits de migrants, les multiples feux allumés dans le camp lundi, qui ont ensuite embrasé les chalets de bois, ont pour origine de violentes bagarres entre Kurdes d'Irak et Afghans, malgré d'importants renforts de police. Vers minuit, 165 personnes ont été mises à l'abri, selon la préfecture.

"Les Afghans étaient en train de jouer au foot, a raconté Emal, de nationalité afghane". Pour éviter que les débordements ne se reproduisent, les communautés ont été séparées: selon nos informations, l'un des trois gymnases est dévolu uniquement aux ressortissants afghans, les deux autres hébergeant en priorité des réfugiés kurdes. "Du coup, on a dit qu'on voulait discuter et s'excuser, mais les Kurdes sont revenus avec des pistolets et des couteaux et on a vu qu'ils n'en avaient pas l'intention".

La maire de Calais juge que "les camps de fortune, insalubres et anarchiques, ne doivent plus se substituer aux Centres d'Accueil et d'Orientation (C.A.O) qui doivent quant à eux être placés sous la surveillance permanente et l'autorité des forces de l'ordre, auxquelles des consignes claires et rigoureuses doivent être données, leur permettant ainsi d'intervenir à tout moment".

Les conteneurs de l'ancien centre d'accueil provisoire de la jungle de Calais, proprement démontés en février, pourraient ainsi reprendre du service.

Benoît, responsable pour l'Afeji du gymnase réservé aux Afghans et situé bien loin de ceux réservés aux Kurdes, y a accueilli 101 migrants. "Le préfet du Nord, quant à lui, dit vouloir " construire un avenir " aux migrants " dans tout l'Hexagone", au nom de " l'histoire " de la France.

Dans une convention renouvelée pour six mois en mars, il s'était entendu avec le gouvernement pour ramener la population du camp de la Lignière à 700 personnes.

A part quelques bobos, pour quatre migrants et un CRS, durant la rixe de l'après-midi, il n'y a pas eu de blessés graves durant cette longue nuit. "On ne fait pas de +politicaillerie+ sur des faits divers qui auraient pu tourner très tragiquement pour des vies humaines", a répliqué Richard Ferrand, au nom d'En Marche!.

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