Un mort lors de la journée de manifestations anti-Maduro (officiel) — Venezuela

Des gens cherchent de la nourriture devant un supermarché pillé à Caracas le 21 avril 2017

Des gens cherchent de la nourriture devant un supermarché pillé à Caracas le 21 avril 2017

Assis ou debout sur la chaussée, sous un soleil intense, les manifestants, pour la plupart vêtus de blanc, entonnaient de temps à autre l'hymne vénézuélien ou clamaient des mots d'ordre comme 'liberté'.

Contrairement aux précédentes manifestations, celle-ci se déroulait dans le calme, hormis quelques heurts, la police dispersant avec du gaz lacrymogène des manifestants qui lui tiraient des pierres sur une autoroute de la capitale. "Nous bloquons pour que Maduro comprenne qu'il doit partir". Lassés, sept Vénézuéliens sur dix souhaitent le départ de Nicolas Maduro, selon un sondage Venebarometro.

Dans ce pays pétrolier dont l'économie s'est effondrée notamment à cause de la chute des cours du brut, la majorité des aliments et médicaments sont introuvables. Je ne trouve pas de lait pour mon bébé de 16 mois, " a raconté à l'AFP Amalia Duran, une femme au foyer de 41 ans.

L'opposition au président socialiste Nicolas Maduro a d'ores et déjà appelé à une nouvelle manifestation mercredi en faveur d'élections générales anticipées, l'objectif central de ces mobilisations.

"Les protestations pacifiques vont se poursuivre à travers le pays (.)".

Les opposants au président Maduro réclament des élections anticipées, la libération des prisonniers politiques et plus d'autonomie pour l'Assemblée nationale, le parlement monocaméral, où l'opposition est majoritaire. En un mois de mobilisation, 24 personnes ont été tuées; gouvernement et opposition s'accusent mutuellement de ces violences.

"Le Venezuela se lève contre la dictature (.) malgré la répression". "Des élections oui, je veux des élections maintenant", a lancé dimanche lors de son allocution télévisée hebdomadaire M. Maduro mais en se référant aux élections régionales -qui devaient se tenir en décembre dernier mais ont été reportées- et municipales prévues cette année.

"Je lance d'ici un appel au pape François pour nous accompagner dans le dialogue, parce qu'il existe une conspiration à Rome et ici aussi contre le dialogue au Venezuela", a-t-il dit. Le gouvernement accuse l'Eglise d'être un "acteur politique" au côté de l'opposition. L'an dernier, une précédente médiation sous l'égide du Vatican et de son émissaire, l'archevêque haut-valaisan Emil Paul Tscherrig, avait échoué.

Selon le chercheur Cesar Munoz, auteur d'un rapport sur la situation au Venezuela présenté la semaine dernière par l'antenne brésilienne de Human Rights Watch (HRW), l'arrivée massive de Vénézuéliens fuyant les pénuries et la criminalité rampante dans leur pays a fini par provoquer une crise au sein du système de santé public de Roraima, lui même affecté par la banqueroute financière qui frappe bon nombre d'Etats brésiliens. M. Maduro, qui a pour sa part reçu l'appui de la guérilla colombienne des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes), a également affirmé détenir des "preuves" de l'implication dans les désordres des députés d'opposition José Guerra y Tomas Guanipa.

L'étincelle ayant déclenché la vague de manifestations est la décision de la Cour suprême de s'arroger les pouvoirs du parlement, seule institution contrôlée par l'opposition depuis fin 2015.

Ce mouvement de contestation est le plus important depuis la vague de manifestations du printemps 2014, qui a fait 43 morts.

Mardi, des milliers de partisans de Maduro, arborant des chemises rouges, ont défilé dans l'Etat de Falcon en scandant des slogans progouvernementaux et en dénonçant la violence de l'opposition.

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