Comey voulait élargir l'enquête du FBI — Affaire russe

James Comey lors des audiences de la Commission du renseignement de la Chambre des représentants

James Comey lors des audiences de la Commission du renseignement de la Chambre des représentants

Dans une série de tweets matinaux, Donald Trump avait justifié ainsi sa décision: "Comey a perdu la confiance de pratiquement tout le monde à Washington, républicains comme démocrates".

L'éviction surprise du patron du FBI James Comey n'a pas simplement soulevé une onde de choc à Washington: elle a également provoqué une flambée des paris sur une éventuelle destitution de Donald Trump, ont indiqué des bookmakers à l'AFP. Le point en trois questions.

Ironie de l'histoire: la raison officiellement avancée par l'administration Trump pour ce limogeage est la façon dont M. Comey a géré le dossier des emails de la candidate démocrate à la présidentielle Hillary Clinton.

La commission judiciaire du Sénat a par ailleurs annoncé mercredi la convocation de l'ancien conseiller de Donald Trump à la sécurité intérieure Michael Flynn, en vue d'obtenir des documents - précédemment réclamés en vain - dans le cadre de l'enquête russe.

Evoquant une "érosion de confiance" du président américain envers M. Comey, elle a estimé que ce dernier avait fait au cours de l'année écoulée "beaucoup de faux-pas et d'erreurs", évoquant même des "atrocités" liées au fait qu'il contourné la ligne de commande du ministère de la Justice. Les démocrates, mais d'autres aussi, doutent du motif présenté et accusent la Maison blanche de vouloir affaiblir l'enquête du FBI sur la Russie.

Le vice-président Mike Pence et plusieurs officiels de la Maison Blanche ont toutefois insisté mercredi sur le fait que Donald Trump avait limogé James Comey sur les recommandations de son ministre de la Justice, Jeff Sessions, et de son adjoint, Rod Rosenstein.

La recherche d'un nouveau directeur du FBI débute "immédiatement", a précisé la Maison Blanche mardi.

Mais alors, s'interroge l'Amérique, si les faits sont anciens et bien connus... pourquoi avoir pris cette décision maintenant? M. Comey avait en effet tenu à dénoncer la "négligence extrême" de Mme Clinton.

Ce n'est que deux jours avant le scrutin du 8 novembre que M. Comey annoncera n'avoir finalement à nouveau rien trouvé de pénalement répréhensible. Dans son viseur, les démocrates, coupables selon lui d'avoir voulu eux-aussi se débarrasser de James Comey. Ironie du sort, puisque cela faisait des partie des arguments de campagne de Donald Trump lui-même, contre sa rivale démocrate. M. McCabe a dit ne pas être en mesure de commenter des conversations entre M. Comey et le président.

Récemment, le président américain avait fait part de sa frustration à l'égard de l'enquête du FBI et du Congrès sur le rôle présumé de la Russie dans la campagne. Il avait contredit le président sur la mise sur écoute de la Trump Tower par Barack Obama. "C'est lui qui devrait être entendu pour ses actes", conclut Trump. In fine, ce sera le prochain directeur qui pèsera sur la conclusion de ces investigations, et notamment sur la recommandation de poursuites ou non.

Toute l'opposition réclame aujourd'hui la nomination d'un procureur spécial, plus indépendant du pouvoir que les procureurs existants, pour superviser l'enquête sur l'ingérence russe.

Du côté du Congrès, les commissions du Renseignement du Sénat et de la Chambre des représentants ont lancé leurs propres enquêtes il y a plusieurs mois, et elles se poursuivent. Un appel resté jusqu'à présent lettre morte.

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