Côte d'Ivoire: des mutins bloquent les accès à Bouaké, tirent en l'air

Par ailleurs, à Daloa (centre), des mutins ont également tiré pendant la nuit et continuaient à circuler en ville.

Les exigences des soldats concernent toujours de nouvelles demandes de versements de primes et des paiements antérieurs dus aux soldats mutins, mais les finances publiques sont très tendues en raison notamment de la forte baisse des prix mondiaux du cacao dont la Côte d'Ivoire est le premier producteur mondial. "Nous voulons notre argent", a lancé samedi à Bouaké sous couvert d'anonymat l'un des mutins, qui portait une cagoule sur la tête.

Ces mutins ont chassé les policiers qui contrôlent habituellement les "corridors", et ont pris position sur les routes, bloquant les accès à Bouaké et empêchant toute circulation. Les corridors Nord et Sud sont situés sur le principal axe routier du pays reliant Abidjan, au Nord.

Bouaké, 13 mai (AIP)-Des mutins ont ouvert le feu, samedi, à Bouaké, sur l'ex-combattant, Issouf Diawara, après avoir fait irruption au siège des démobilisés sis à l'Habitat de la caisse, lui causant des blessures qui ont nécessité sont évacuation au Centre hospitalier universitaire (CHU) local.

Vendredi, des mutins avaient semé le trouble à Abidjan, Bouaké, Man (ouest) Korhogo et Odienné (nord).

Les forces loyalistes avaient déployé vendredi un important dispositif à Abidjan, et menacé dans la soirée les mutins de sanctions, lors d'une allocution télévisée du chef d'état-major.

A Abidjan, des journalistes de l'AFP ont vu un des mutins exhibant fièrement un lance-roquette, un autre portant une mitrailleuse avec une impressionnante ceinture de balles sur l'épaule, rappelant le célèbre film "Rambo".

Les mutins avaient aussi investi le centre de Bouaké, deuxième ville du pays et épicentre de la mutinerie de janvier. "N'oubliez pas que cette ville fut la capitale de la rébellion" à partir de 2002, a commenté samedi Yao Kobena, enseignant à Bouaké.

Les soldats mutins sont des anciens rebelles qui avaient aidé Alassane Ouattara à prendre le pouvoir après la crise post-électorale de 2010-2011 lorsque le président Laurent Gbagbo avait refusé de reconnaître sa défaite électorale.

Comme lors des mutineries de janvier, des tirs ont été entendus à Bouaké mais aussi dans la grande base militaire d'Abidjan, ont déclaré des sources militaires et diplomatiques. Ils réclament le paiement de reliquats de primes que leur avait promises le gouvernement après ces mutineries de début janvier qui avaient ébranlé le pays.

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