L'Union en ordre de bataille — Brexit

Brexit : l'UE durcit sa position à l'approche des négociations

Londres - Brexit: May reçoit Juncker à Londres avant un sommet des 27

Angela Merkel a prévenu les Britanniques qu'ils ne pourraient espérer avoir les mêmes droits qu'un pays membre de l'UE après le Brexit. Un sommet européen, qui se tiendra prochainement, doit fixer les modalités des négociations entre Londres et Bruxelles sur le Brexit. Au Royaume-Uni, certains responsables politiques entretenaient l'espoir d'un traitement de faveur pour leur pays.

La perspective de l'élection à la tête de la deuxième puissance économique européenne d'un candidat eurosceptique donne en effet des sueurs froides aux dirigeants de l'UE, d'autant que pas moins de quatre candidats à l'élection présidentielle française sur onze ont fait campagne sur une ligne clairement anti-Europe, et trois souhaitaient un regain de souverainisme face à Bruxelles. Le président américain Donald Trump a déjà prédit une dislocation de l'UE.

L'Allemagne et les autres pays européens n'entendent pas, en particulier, donner au Royaume-Uni un accès plein et entier au marché intérieur de l'UE sans maintien d'une libre circulation des citoyens européens. Un mois exactement après la notification officielle, dix mois après le référendum britannique, les Européens se mettent en ordre de bataille pour les tractations des deux ans à venir en adoptant samedi des " orientations de négociations ".

"Mais je pense que (ces commentaires) et d'autres commentaires que nous avons vus de la part de dirigeants européens montrent qu'il y aura des moments où ces négociations seront difficiles", a-t-elle développé, répétant qu'une absence d'accord était préférable à un "mauvais accord". Depuis Londres, la Première ministre britannique en est venue à accuser le reste de l'UE de "s'unir contre" le Royaume-Uni.

Droits des citoyens. Les 27 veulent régler le sort des quelque trous millions de ressortissants de l'UE vivant au Royaume Uni, et par réciprocité celui du million de Britanniques résidant dans l'UE. "Ce que Londres refuse", note L'Expansion.

"On ne peut avoir le beurre et l'argent du beurre ", a souligné Jens Spahn, l'un des secrétaires d'État allemands aux Finances.

Le projet est plus ferme également sur la question du secteur financier, que l'UE veut protéger de toute perturbation liée à la sortie de la City, principale place financière européenne, du marché unique. "Nous sommes prêts", a-t-il dit. Sur ce point, la chancelière a jugé que "les négociations doivent dès le départ inclure la question des obligations financières de la Grande-Bretagne, y compris après le Brexit".

Cette facture a été évaluée côté européen à environ 60 milliards d'euros, mais des responsables britanniques ont laissé entendre qu'ils n'avaient pas l'intention de payer un tel montant.

"C'est pourquoi nous avons besoin d'un leadership plus fort et stable pour mener ces négociations", a ajouté Theresa May, qui a convoqué des élections législatives anticipées le 8 juin pour renforcer sa position en vue de ces négociations.

A Londres, le porte-parole de la cheffe du gouvernement s'est borné jeudi à dire que le pays abordait les discussions "dans un esprit constructif et beaucoup de bonne volonté".

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