Des femmes désertent les rues d'un quartier de Paris — Harcèlement de rue

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Harcèlement de rue : des femmes désertent les rues d'un quartier de Paris

C'est en tout cas ce que dénoncent plusieurs d'entre elles dans une pétition publiée sur internet et adressée à Emmanuel Macron. Le Parisien raconte ce jeudi le quotidien des femmes dans le quartier de la Chapelle-Pajol, situé à cheval sur le Xe et le XVIIIe arrondissement. Pas un enfant dans le square Louise de Marillac. Pour les femmes, la vie dans ce quartier parisien est devenueinsupportable. La situation a complètement escaladé sur les 12 derniers mois, et certaines femmes ont même renoncer à emprunter ces rues.

Alors ces femmes ont dû changer leurs habitudes, éviter certaines rues, ne pas porter de jupe ou de pantalon trop près du corps, prendre une autre ligne de métro ou descendre à une autre station. "Est-ce que le quartier est interdit aux femmes, comme j'ai pu le lire?" Elles rendront ensuite compte aux autorités de ce qu'elles ont observé. "Ce sont des injures, des réflexions incessantes". L'ambiance est angoissante, au point de devoir modifier notre itinéraire, notre tenue vestimentaire. "Certaines ont même renoncé à sortir de chez elles", confie une habitante de 50 ans citée par le quotidien. "Le simple fait de circuler est devenu problématique". Le café, en bas de chez moi, un bistrot autrefois sympa, s'est transformé en repaire exclusivement masculin et en permanence bondé: j'ai droit à mon lot de remarques lorsque je passe devant, d'autant plus qu'ils boivent énormément: il y a quelques jours, le simple fait de me mettre à ma fenêtre a déclenché un flot d'injures, et j'ai dû m'enfermer dans mon appartement. Affolée, je me suis mise à crier, et deux d'entre eux ont sorti des couteaux pour me menacer.

Toutes estiment qu'il ne servirait à rien de porter plainte. Le Parisien rapporte que, sur les conseils de Nadine Mezence, adjointe à l'égalité hommes-femmes du maire (PS) du 18ème, les femmes entendent mener une marche exploratrice dans ces rues interdites. Il n'est pas sûr que le remède soit à la hauteur du mal, tant la situation semble dégradée sans que les pouvoirs publics ne réagissent aucunement.

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