Donald Trump conteste toute interférence dans l'enquête du FBI — Etats-Unis

Le président américain Donald Trump le 16 mai 2017 à la Maison Blanche à Washington

Le président américain Donald Trump le 16 mai 2017 à la Maison Blanche à Washington

Le point de vue de Marie-Cécile Naves, chercheuse associée à l'IRIS.

Le ministère de la Justice a nommé mercredi un procureur spécial pour garantir l'indépendance de l'enquête sur une éventuelle collusion entre des proches de Donald Trump et la Russie, un rebondissement dans cette affaire qui assombrit le mandat du président américain.

A la veille de son départ pour son premier voyage à l'étranger, qui le mènera dans cinq pays en huit jours seulement, le 45e président des Etats-Unis sait qu'il est dans une position très inconfortable et que l'affaire russe continuera à faire la Une des médias américains dans les temps à venir.

Selon le New York Times, Donald Trump a demandé en février à James Comey, qui était alors directeur du FBI - il a été limogé le 9 mai - de mettre un terme à l'enquête sur les contacts russes de son ex-conseiller à la sécurité nationale Michael Flynn. C'est pour cela aussi que la comparaison avec le Watergate est souvent évoquée, car ce sont deux journalistes du Washington Post qui ont fait tomber Richard Nixon. Trump risque de payer le prix de son goût du conflit et du clivage, oubliant que la grande presse nationale est un contre-pouvoir redoutable, surtout quand elle est attaquée comme c'est le cas depuis la dernière campagne présidentielle. Pourquoi insister sur le renvoi de James Comey en 2017 sans rappeler celui de William S. Sessions en 1993? Mitch McConnell, gardien de la feuille de route républicaine au Sénat, a regretté pour sa part les " psychodrames " à répétitions, dans une rare critique envers Donald Trump.

Il a fait l'éloge de l'ancien sénateur indépendant Joe Lieberman, estimant que ce dernier obtiendrait un large soutien si son nom était proposé pour diriger la police fédérale.

D'un point de vue strictement constitutionnel, la décision du président Donald Trump de limoger le directeur du FBI, James Comey, est parfaitement légale.

Concrètement, Robert Mueller devient le chef de l'enquête sur les liens entre Donald Trump et la Russie.

N'y aurait-il donc pas dans tout cela " quelque chose qui cloche "? Il ne faut pas oublier non plus que la moitié des Américains ne se sont pas déplacés pour aller voter.

Au Congrès américain, le sentiment oscillait entre lassitude, exaspération et stupéfaction.

Depuis son entrée en fonction, Trump donne trop régulièrement matière à rêver de sa destitution à ses opposants. Mercredi, Robert Mueller a été arraché à sa semi-retraite et affublé de l'étiquette de "procureur spécial ". Pour que la Chambre des représentants vote sur une requête dite d'impeachment, il faut qu'elle soit approuvée majoritairement par la commission des affaires judiciaires de la Chambre.

Dans l'histoire des États-Unis, une telle procédure n'a, pour l'heure, jamais abouti. La légitimité de Trump est donc toute relative.

Mais le président républicain a opté à l'aube pour un autre registre sur Twitter, traduisant sa volonté de souder sa base électorale, mais aussi son agacement face à l'accumulation des révélations.

La nomination représente un revers et une surprise pour la Maison Blanche, pour qui l'enquête actuelle se suffisait à elle-même.

Décidément, l'ombre de la Russie plane sur cette présidence Trump...

Vladimir Poutine et Sergueï Lavrov. Et si le mémo de Comey existe et dit ce qui a été rapporté, ce serait la preuve la plus forte contre Donald Trump.

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