Premier conseil des ministres pour fixer le cap de l'ère Macron — France

Pour Emmanuel Macron, a déclaré le porte-parole Christophe Castaner, qui s'exprimait pour la première fois devant la presse à l'issue du Conseil des ministre, le rôle du président de la République est de "fixer la stratégie", de "donner un cap, un sens" et de préserver "les équilibres de nos institutions".

Dès mercredi, quelques ministres ont saisi l'occasion de leur passation de pouvoirs pour afficher leurs ambitions.

Avant que ne se tienne le premier conseil des ministres de l'ère Macron, ce jeudi à 11 heures, Édouard Philippe a répété, sur France Inter, qu'il allait s'engager aux côtés des candidats d'En marche! pour réunir une majorité présidentielle qui permette à son gouvernement de lancer de nombreux chantiers.

Et le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a annoncé qu'il irait "dès lundi matin" à Berlin pour évoquer l'avenir de la construction européenne avec son collègue allemand des Finances Wolfgang Schäuble.

"Quand une chose est tranchée dans le cadre de la collégialité, elle doit devenir la règle et elle appelle la solidarité collective", a insisté Emmanuel Macron qui, ancien secrétaire général adjoint de l'Elysée sous le quinquennat Hollande, était aux premières loges pour mesurer les effets des cafouillages gouvernementaux.

Nicolas Hulot attirera de la même manière la lumière des projecteurs. Autour de la table du Conseil, outre Emmanuel Macron et Édouard Philippe, ont pris place 18 ministres et quatre secrétaires d'État. L'ex-animateur vedette d'Ushuaïa, désormais ministre de la Transition écologique qui, sollicité par Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande, n'avait jamais accepté jusque-là d'entrer dans un gouvernement, constitue l'une des prises majeures d'Emmanuel Macron. "Le gouvernement est le reflet de l'effort de recomposition politique que nous souhaitons porter pour le pays", a encore assuré le Premier ministre, qui reconnaît à demi mot qu'il n'avait pas été simple d' "associer des personnalités dont l'engagement partisan a pu être à droite, à gauche ou au centre". "Le seul juge, c'est le suffrage universel", a-t-il dit, alors que M. Macron, qui prône une hausse de la CSG, a nommé à Bercy deux figures des Républicains, Bruno Le Maire et Gérald Darmanin, dont le parti fait campagne contre cette mesure. On y voit plus facilement la ministre des Outre-Mer, Annick Girardin, cachée dans le cliché ci-dessus par le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer.

Mais pour l'instant, ce gouvernement reçoit un bon accueil de la part de l'opinion publique selon un sondage Odoxa qui montre que les deux tiers des Français (66 % contre 33 %) se disent "satisfaits" de sa composition.

Une petite majorité (52%) estime toutefois que l'équipe gouvernementale ne durera pas "tout le quinquennat", contre 47% qui pensent qu'elle est partie pour durer.

L'enquête a été réalisée par internet les 16 et 17 mars auprès d'un échantillon représentatif de 999 personnes.

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