Une lettre ouverte pour dénoncer les choix de l'Élysée — Journalistes

Le Premier ministre Edouard Philippe le 15 mai 2017 à Paris

Le Premier ministre Edouard Philippe le 15 mai 2017 à Paris

En faisant connaître mercredi la composition de son Conseil des ministres, le nouveau président français, Emmanuel Macron, a fait un acte de foi en faveur de l'Europe et poursuivi l'oeuvre de déstabilisation de la droite entamée depuis son élection. En creux, cela veut dire hors de question d'assister à des querelles publiques entre ministres, comme ce fut le cas sous François Hollande. Emmanuel Macron, soucieux de promouvoir l'apaisement dans un pays où les colères sont susceptibles de se rallumer à chaque instant, a choisi son juge de paix, en demandant à la Cour des Comptes d'opérer un audit d'ici la mi-juin pour dresser un bilan impartial de l'héritage.

Le président français Emmanuel Macron a procédé mercredi à la nomination d'un gouvernement paritaire, sous la houlette du Premier ministre, Edouard Philippe, de 22 membres, ministres d'Etat, ministres et secrétaires d'Etat.

L'eurodéputée libérale Sylvie Goulard, 52 ans, qui était attendue aux affaires européennes (portefeuille finalement confié à l'eurodéputée centriste Marielle de Sarnez), est propulsée ministre des armées. "Il n'appartient pas à l'Élysée de choisir les journalistes", annonce-t-elle d'entrée. "A titre personnel", François Baroin, chef de file des Républicains pour les législatives, a regretté ces ralliements, estimant qu'il ne s'agissait pas d'une "recomposition", mais d'un "dynamitage" politique.

" Donc il ne s'agit pas de contrôler, il ne s'agit pas d'imposer ", s'est-il engagé". Et selon la presse française, la nouvelle politique de communication de l'Élysée prendra effet dès cette visite. "Les ministres sont des militants de la majorité présidentielle, ils ne sont plus les militants de tel ou tel parti politique", a-t-il insisté.

Les ministres devront signer un engagement sur l'honneur d'intégrité et de moralité selon lequel ils ne sont pas engagés dans des activités contraires à la loi ou à la probité. C'est l'équipe d'Emmanuel Macron qui déciderait désormais des journalistes qui l'accompagneront.

Et, toujours en direction du président Macron, qu'"aucun de vos prédécesseurs ne s'est prêté à ce genre de système, au nom du respect de la liberté de la presse".

De gauche à droite: Annick Girardin, ministre des Outre-mer, Richard Ferrand, ministre de la Cohésion des territoires, Muriel Pénicaud, ministre du Travail, et Christophe Castener, porte-parole du gouvernement et secrétaire d'Etat chargé des Relations avec le Parlement.

" C'est n'est pas du tout pour verrouiller la communication ", a assuré Christophe Castaner.

La présidence évoque cependant une "démarche d'ouverture", expliquant que le nouveau président "est très attaché au traitement de fond des sujets et souhaite ouvrir l'Élysée aux journalistes sectoriels (+rubricards+) qui portent sur l'action présidentielle un autre regard".

Les deux têtes de l'exécutif présenteront prochainement une "circulaire sur la place des cabinets" ministériels, a ajouté Christophe Castaner, soulignant "qu'il n'appartenait pas aux directeurs de cabinet de se substituer aux directeurs d'administrations centrales".

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