La Syrie condamne "l'agression" de la coalition contre son armée

La Syrie a condamné vendredi "l'agression de la coalition" conduite par les États-Unis contre son armée la veille dans le sud-est du pays et a assuré qu'elle ne se laissera pas "intimidée", selon une source militaire. "La soi-disant coalition a attaqué hier une position de l'armée arabe syrienne sur la route d'Al-Tanaf dans la région de Badia, tuant plusieurs martyrs et causant des dégâts matériels", a précisé une source militaire citée par l'agence officielle Sana.

Les Etats-Unis ont bombardé jeudi un convoi lié au régime syrien près de la frontière jordanienne, jugé menaçant pour des forces de la coalition contre le groupe Etat islamique, a indiqué à l'AFP un responsable américain de la Défense. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, au moins quatre véhicules ont été détruits par les bombardements.

"Aucune partie n'a le droit de déterminer le cours de ses opérations contre ces groupes terroristes", a-t-elle ajouté.

Et alors que "califat" autoproclamé par l'EI à cheval sur l'Irak et la Syrie se réduit à peau de chagrin, les protagonistes du conflit essaient de s'emparer de ses restes.

L'aviation de la coalition menée par les États-Unis a frappé jeudi soir un convoi pro-Assad en Syrie, dans la zone d'At Tanf, à proximité de la frontière avec l'Irak et la Jordanie.

Depuis l'accord d'Astana signé par la Russie, l'Iran (deux alliés de Damas) et la Turquie (soutien des rebelles), qui crée des "zones de désescalade" dans l'ouest et le centre du pays, l'armée fait cap vers les zones désertiques de l'est du pays.

L'objectif est de s'emparer de la région pétrolière de Deir Ezzor, où une garnison et l'aéroport militaire sont assiégés depuis des années par l'EI et aussi de contenir les forces soutenues par les États-Unis, qu'il s'agisse de l'alliance arabo-kurde dénommée Forces démocratiques syriennes (FDS) qui tente de s'emparer de Raqa ou des rebelles stationnés à al-Tanaf.

La Russie a également condamné vendredi ce bombardement qu'elle a qualifié d'"inacceptable", selon un haut responsable de la diplomatie russe cité à Genève par les agences russes.

Ce bombardement risque d'avoir un impact négatif sur les "efforts de ceux qui luttent réellement +sur le sol+ et dans les airs contre les terroristes de l'EI et de l'ancien Front al-Nosra", a-t-il affirmé.

Cette "campagne d'annihilation" signifie notamment que les forces de la coalition désormais "encerclent" les positions de l'EI avant de les attaquer, pour que les djihadistes ne puissent pas fuir et se regrouper ailleurs, a expliqué le ministre de la Défense lors d'une conférence de presse au Pentagone. "Toute action militaire aggravant la situation en Syrie influe de fait sur le processus politique". "D'autant plus quand il s'agit d'actions (militaires) menées contre les forces armées syriennes", a-t-il déclaré, cité par Ria Novosti.

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