Plusieurs milliers de personnes manifestent contre le président Temer — Brésil

TEMER MIS EN CAUSE PAR UN HOMME D'AFFAIRES

Brésil: le Président menacé d'impeachment

Dans une demande d'ouverture d'enquête contre Michel Temer auprès de la Cour suprême, le procureur général Rodrigo Janot affirme que le chef de l'État, en collaboration avec plusieurs hommes politiques influents, a essayé d'"empêcher l'avancée" de l'opération "Lavage express", l'enquête tentaculaire ayant révélé le méga-scandale de corruption Petrobras. D'après le quotidien O Globo, Michel Temer, président depuis un an, a été enregistré alors qu'il donnait son accord à des pots-de-vin.

Comme l'a révélé mercredi soir le journal O Globo, le président a été enregistré à son insu par Joesley Batista, magnat de l'agroalimentaire et propriétaire de la célèbre marque de tongs Havaianas, qui l'a piégé en train de visiblement donner son accord pour le versement de pots-de-vin.

"Je n'ai jamais autorisé le moindre paiement pour acheter le silence de quiconque", s'est défendu M. Temer lors d'une allocution télévisée.

La Cour suprême a diffusé un enregistrement audio de Michel Temer s'entretenant avec le président de JBS, Joesley Batista. Selon ces récits, Michel Temer, du Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB, centre), a reçu 15 millions de réals (4 millions d'euros) de dessous-de-table de JBS.

C'est par le biais de cette procédure que M. Temer est arrivé au pouvoir, il y a un an, après la destitution de Dilma Rousseff, dont il était le vice-président.

L'enregistrement montre qu'il n'a pas approuvé l'achat du témoin Eduardo Cunha, un ancien proche de Temer condamné pour corruption, a déclaré ce porte-parole, Marcio de Freitas.

L'onde de choc pourrait être au moins aussi dévastatrice que celle occasionnée par les confessions d'anciens cadres du géant du bâtiment Odebrecht, qui ont motivé des enquêtes contre de nombreux parlementaires et plusieurs ministres du gouvernement Temer. "Le président lui-même participe aux négociations avec ses alliés" politiques, ont ajouté ces sources.

Mais la tache s'annonce particulièrement ardue.

Sa cote de popularité était déjà au plus bas avant les révélations explosives du journal O Globo et la pression populaire risque de s'intensifier.

"Tout citoyen conscient de ses obligations se doit de reconnaître que le président a perdu toute condition morale, éthique, politique et administrative de gouverner", dénonce le texte.

Une forte pression populaire réclame des élections directes et immédiates, qui obligerait le Congrès à changer la constitution. Et des dizaines de Brésiliens sont descendus dans les rues pour protester dans les plus grandes villes du pays, y compris devant le palais présidentiel, à Brasilia, avec des cris de "Temer dehors" à grand renfort de klaxon. D'autres grandes manifestations sont prévues dimanche.

Plusieurs motions de destitution ont été déposées par des parlementaires d'opposition, mais la procédure est longue et nécessite la majorité des deux tiers à la Chambre des députés puis au Sénat. Alors que la corruption devait avoir été vaincue avec la destitution de Dilma Rousseff en août 2016, un nouveau scandale secoue le pays. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

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