Jérusalem sera toujours la capitale d'Israël — Netanyahu

En reliant lundi Ryad à Tel-Aviv, le président américain Donald Trump a pris part au premier vol direct entre l'Arabie saoudite et Israël, deux pays qui n'entretiennent pas de liens diplomatiques. Puis il se rendra au Vatican.

Il entrera dans l'histoire une seconde fois quand il deviendra le premier président américain en exercice à se rendre au mur Occidental, le lieu de prière le plus saint du judaïsme.

En surplomb du mur s'étend l'esplanade des Mosquées (le mont du Temple pour les juifs), troisième lieu saint de l'islam.

M. Trump est arrivé précédé de son intention proclamée de présider un jour à un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens.

Avec sa signification religieuse et politique, Jérusalem est au coeur de ce conflit. M. Trump a promis pendant sa campagne électorale de déménager l'ambassade des Etats-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem et de reconnaître Jérusalem capitale d'Israël, rompant avec la diplomatie historique des Etats-Unis et le consensus observé par la communauté internationale du fait du statut disputé de la ville.

Israël considère tout Jérusalem comme sa capitale "indivisible", comme l'a répété dimanche soir le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Face aux murailles de la vieille ville de Jérusalem, Netanyahu s'exprimait à l'ouverture des festivités organisées par la mairie de Jérusalem marquant le 50e anniversaire de la conquête de Jérusalem-Est par l'armée israélienne. Les Palestiniens, eux, veulent établir à Jérusalem-Est la capitale de l'Etat auquel ils aspirent. Ainsi, le chef d'État, sa femme, sa fille et son gendre se sont recueillis au Mur des lamentations dans l'après-midi. Elle a précisé qu'aucun responsable israélien n'accompagnerait Donald Trump au mur.

Ce n'est que l'une des interrogations soulevées par sa visite.

L'hommage et le respect accordés personnellement à Trump - le fait que le roi Salmane, très âgé, soit venu à l'aéroport accueillir le président, et qu'il ait serré la main de la Première Dame, Melania, tête nue, ont souligné que, comme Mahmoud Abbas à la Maison Blanche au début du mois, les Saoudiens ont compris l'importance de rester bien vus du nouveau président américain, et de maximiser la flatterie. Les dernières négociations de paix, sous les auspices des Etats-Unis, ont capoté en 2014. Une idée dominante à la Maison Blanche semble "d'impliquer des pays arabes clés, l'Egypte, la Jordanie, l'Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis et d'autres alliés des Etats-Unis dans un processus régional qui créerait ce que Trump appelle un canevas plus large pour parvenir à la paix", dit l'analyste Ghaith al-Omari.

L'avènement de M. Trump laisse envisager à certains qu'une approche entièrement nouvelle réussisse. Mais il a aussi battu froid la droite israélienne - qui rêvait de colonisation sans frein, voire d'annexion de la Cisjordanie - en réfrénant les ardeurs israéliennes de construction dans les territoires occupés.

Son administration a prévenu de ne pas attendre un vaste plan diplomatique au cours de la visite. Le président cherche d'abord à "faciliter" la reprise de l'effort de paix et à obtenir des deux bords des engagements et des mesures de confiance, disent ses collaborateurs. "Je peux vous dire que nous aimerions voir Israël et les Palestiniens faire la paix", a-t-il dit.

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