Le président dans la tourmente — Brésil

Le président conservateur Michel Temer et Eduardo Cunha ex-président de la chambre des députés actuellement en prison sont pris

Brésil: le Président menacé d'impeachment

" Il n'y a pas d'autre issue: les Brésiliens doivent se mobiliser, descendre dans les rues et revendiquer avec force la démission immédiate de Michel Temer ", a-t-il publié sur Twitter.

Les partis de gauche, les syndicats et les organisations de la société civile ont appelé dimanche à des manifestations à travers le pays avec le même mot d'ordre. Le niveau de mobilisation permettra de mesurer la colère des Brésiliens. A Rio notamment, plusieurs milliers de personnes ont bravé la pluie en criant "Temer Dehors".

Mercredi soir, le journal "Globo" a rapporté que le président brésilien avait été enregistré en train de verser des pots-de-vin à Eduardo Cunha, l'ancien président de la Chambre des députés.

Ces dessous-de-table viseraient à acheter le silence d'Eduardo Cunha, ancien patron de la chambre des députés, aujourd'hui en prison pour son implication dans le méga-scandale de corruption du groupe pétrolier d'Etat Petrobras.

Dans sa demande d'ouverture d'enquête, le procureur général Rodrigo Janot affirme que le président, en collaboration avec plusieurs hommes politiques influents, a essayé d'"empêcher l'avancée" de l'opération "Lavage express", l'enquête tentaculaire contre la compagnie pétrolière Petrobras.

"Cette semaine, mon gouvernement a connu son meilleur et son pire moment [.] L'optimisme était de retour et les réformes avançaient, mais hier, la révélation d'un enregistrement clandestin a fait resurgir le spectre d'une crise politique aux proportions encore inconnues", a évoqué le président Michel Temer, rappelant les chiffres encourageant de l'inflation et les perspectives d'un retour de la croissance, deux ans après une récession continue. Il a demandé à la Cour suprême de "suspendre l'enquête jusqu'à ce que son authenticité soit avérée", citant un article du journal Folha de Sao Paulo où un expert remarquait "plus de 50 coupures" dans l'enregistrement audio.

Ces révélations ont poussé la Cour suprême (STF) à donner son feu vert à l'ouverture d'une enquête contre le président.

Pourtant, l'étau se resserre de plus en plus, avec la divulgation vendredi par cette même Cour suprême de l'ensemble du contenu des confessions de M. Batista et d'autres cadres de JBS.

Il a aussi affirmé aux procureurs avoir versé des millions de dollars à des dizaines de politiciens de tous bords, entre financements occultes de campagnes et pots-de-vin afin obtenir des faveurs pour son entreprise. Ce parlementaire est soupçonné d'être un intermédiaire avec JBS pour acheter le silence de M. Cunha.

M. Temer a décidé de hausser le ton pour tenter de retrouver sa crédibilité, mais sa situation reste extrêmement fragile, alors que d'intenses négociations sont en train d'êtres menées pour éviter une défection en masse de ses alliés politiques. Rodrido Rocha Loures est accusé d'avoir reçu des pots-de-vin au nom de Michel Temer, ce qu'il réfute.

Eduardo Cunha a mené le processus de destitution de l'ancienne présidente Dilma Rousseff l'an dernier et a porté Michel Temer - alors vice-président - au pouvoir. Il menace son prédécesseur, Lula, et, surtout, il fait vaciller son successeur, Michel Temer.

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