Moody's abaisse la note de Hong Kong après celle de la Chine

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Moody's a infligé à la Chine la première dégradation de sa note souveraine de crédit depuis Tiananmen, il y a 28 ans, la faisant passer de Aa3 à A1 avec une perspective stable. Le produit intérieur brut a augmenté de 6,9% au premier trimestre, supérieur à l'objectif de 6,5% fixé pour l'ensemble de l'année et à la croissance de 6,8% enregistrée au quatrième trimestre de 2016. Récemment, le FMI s'est inquiété de la bulle financière provoquée par la politique économique chinoise, notamment dans l'immobilier, qui tend à proposer des taux d'intérêt très bas pour soutenir l'activité. Si Pékin affiche sa volonté de réformer le secteur public, " nous pensons que ces efforts de réforme n'auront pas suffisamment d'impact, ni (n'interviendront) suffisamment vite, pour éviter une érosion " du profil financier chinois, selon l'agence de notation.

"L'économie chinoise devrait maintenir sa stabilité et une croissance relativement rapide grâce à l'approfondissement des réformes dans les entreprises d'Etat, la finance, la fiscalité et la tarification, en plus de la mise en oeuvre de l'initiative 'la Ceinture et la Route'", a-t-il ajouté. L'agence Fitch note, elle, la Chine " A+ ", avec une perspective d'évolution " stable ". " Psychologiquement, c'est un coup que la Chine va mal prendre et qui reflète la montée de la pression financière ", a estimé Christopher Balding, professeur à l'Ecole de commerce HSBC à Shenzhen, auprès de l'agence Bloomberg, cité par l'AFP.

Mais cela "n'a pas énormément d'importance parce que l'essentiel de la dette chinoise est détenu par des acteurs étatiques ou quasi-étatiques et très peu par des étrangers", a indiqué ce dernier. Mais la dette extérieure n'en représentait qu'environ 12%. La seule dette publique devrait quant à elle atteindre 45 % du PIB d'ici à la fin de la décennie, prévoit Moody's.

Le ministère a également réfuté les prévisions de Moody's concernant une hausse du ratio de la dette du gouvernement chinois sur le PIB à 40% en 2018.

Cependant, ce qui est certain, comme l'a stipulé Liao Qun, économiste à la Citic Bank International à Hong Kong, " Cet abaissement va certainement pénaliser la Chine.

"Toutefois, selon lui, les risques qui pesaient fin 2016 sur l'économie chinoise, particulièrement la menace d'une guerre commerciale avec l'Amérique de Donald Trump, ont reculé".

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