La police veut reconstituer le parcours du kamikaze de Manchester

Des policiers devant le domicile de l'auteur de l'attentat de Manchester mardi

Des policiers devant le domicile de l'auteur de l'attentat de Manchester mardi. MAXPPP Kyodo

L'auteur de l'attentat suicide de Manchester, Salman Abedi, 22 ans, est un jeune Britannique d'origine libyenne qui a baigné dans un contexte familial jihadiste et était animé par un désir de "vengeance", selon ses proches.

Ramadan Abedi était rentré dans son pays en 2011 pour combattre aux côtés des rebelles les forces de Kadhafi pendant la révolte qui a renversé le dictateur, selon des médias britanniques.

Ces photos auraient été prises par des enquêteurs de la police et, selon des sources gouvernementales britanniques, transmises à leurs homologues américains qui les auraient fait fuiter.

En guise d'amende honorable, son secrétaire d'Etat Rex Tillerson fera sa première visite à Londres dès vendredi pour exprimer "sa solidarité" après l'attentat. Ce Britannique de 22 ans aurait fait exploser une bombe, remplie de boulons et de clous, à la sortie d'un concert d'Ariana Grande au Manchester Arena.

La police du Grand Manchester a condamné ces fuites au nom des unités nationales de contre-terrorisme, évoquant une sérieuse rupture du lien de confiance entre les services de renseignement britannique et américain qui ont traditionnellement échangé de l'information aux plus hauts niveaux.

Les enquêteurs ont poursuivi ce jeudi leur patient travail de remontée de la piste du réseau qui a soutenu le kamikaze, arrêtant deux nouvelles personnes dans l'agglomération de Manchester.

Manchester United et Manchester City vont contribuer à hauteur d'un million de livres (1,15 millions d'euros) à un fonds d'aide aux victimes de l'attentat qui a frappé la ville lundi, ont annoncé les deux clubs jeudi. La police locale a assuré que le profil des huit hommes interpellés depuis mardi, pour la plupart dans cette métropole, était "intéressant" et que des perquisitions se poursuivaient jeudi.

Des images de la police britannique reproduites par le New York Times montrent un détonateur que le kamikaze aurait tenu dans sa main gauche, des morceaux de métal et des vis jonchant le sol taché de sang, ainsi que des fragments d'un sac à dos bleu déchiqueté.

La police a arrêté un nouveau suspect dans la banlieue de Manchester et huit personnes restent en garde à vue dans le cadre de l'enquête pour démanteler le réseau jihadiste derrière l'attentat suicide de lundi soir, revendiqué par le groupe Etat islamique (EI). Parmi les morts et les blessés figurent des enfants. Jeudi matin, 23 d'entre eux étaient toujours en unités de soins intensifs. La Reine Elizabeth II s'est rendue au chevet des blessés à la mi-journée.

Quatre jours auparavant, il est passé par l'aéroport de Düsseldorf, une escale alors qu'il venait d'Istanbul, ont indiqué les autorités allemandes.

Furieuse de la divulgation d'informations dans la presse "qui nuisent à l'enquête", la police britannique a décidé d'arrêter de donner des informations aux Etats-Unis sur l'attentat de Manchester.

Depuis que son identité est connue, de nombreux détails sont apparus à propos de Salman Abedi et de sa famille. Son père aurait en outre été un membre du Groupe islamique combattant libyen. "Les gens savaient qu'il avait des problèmes de comportement, il n'était pas respectueux ni poli, plutôt introverti et très bizarre, on dit dans la communauté qu'il buvait de l'alcool et fumait de l'herbe", a ajouté le porte-parole, pour qui les séjours libyens du jeune homme seraient à l'origine de sa radicalisation.

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