La Chine et l'Europe inquiètes avant l'annonce de Trump — Climat

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Sans surprise, les réactions ont fusé des quatre coins de la planète, entre stupeur et effarement. "Pour remplir son devoir sacré et protéger l'Amérique et ses citoyens, les États-Unis se retirent de l'Accord de Paris sur le climat ", a pointé le Président.

L'accord de Paris, conclu fin 2015 et dont son prédécesseur démocrate Barack Obama fut l'un des principaux architectes, vise à contenir la hausse de la température moyenne mondiale "bien en deçà" de 2°C par rapport à l'ère pré-industrielle.

Washington, deuxième émetteur mondial de gaz à effet de serre après la Chine, se retrouve désormais isolé dans le dossier climatique: seuls la Syrie et le Nicaragua n'avaient pas rejoint la coalition mondiale.

"J'annoncerai ma décision sur l'accord de Paris jeudi à 15h00 (19h00 GMT)".

Au-delà de la secousse que représente cette annonce, l'inquiétude est réelle concernant les financements, tant pour la Convention climat de l'ONU (23% du budget apportés par les Américains) et l'aide internationale aux pays les plus pauvres, à l'instar du Fonds vert.

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a exhorté le président américain sur un ton ironique à ne pas abandonner l'Accord de Paris. "En aucun cas", a-t-il ajouté à l'adresse de son homologue américain, qui a émis cette hypothèse. "L'accord de Paris durera". Reprenant mot pour mot son intervention francophone, le chef d'État en a fait la traduction presque immédiatement après.

Groupement des plus grands patrons américains, la Business Roundtable s'est gardée de critiquer aussi frontalement la décision de M. Trump mais elle a toutefois tenu à souligner que les conséquences du changement climatique "étaient potentiellement graves et très étendues". "We all share the same responsability: make our planet great again ("nous partageons tous la même responsabilité: rendre toute sa grandeur à notre planète", ndlr), a-t-il lâché".

Le Premier ministre danois Lars Lokke Rasmussen a estimé que ce jeudi était une "triste journée pour le monde".

"En tant un homme qui se soucie à un haut niveau de l'environ, je ne peux, en bonne conscience, appuyer quelque chose qui punit les Etats-Unis". Il a aussi accusé le président américain d'avoir commis "une faute pour l'avenir de notre planète" car "il n'y a pas de planète B".

De nombreuses figures du monde économiques aussi ont fait part de leur déception, et ont insisté sur l'urgence d'agir face au réchauffement en cours.

Patron du conglomérat industriel General Electric, Jeff Immelt a lui aussi exprimé son mécontentement sur Twitter et exhorté les milieux d'affaires à prendre la tête du combat pour le climat, pour pallier l'inaction des autorités. Donald Trump a assuré que l'accord de Paris "n'aura pas beaucoup d'impact" sur le climat.

"Dans la période précédant l'accord de Paris, les dirigeants de la chimie européenne ont publiquement soutenu un solide accord global sur le changement climatique et ont applaudi les efforts diplomatiques pour parvenir à un accord ambitieux et globalement contraignant".

"Je suis un partisan de la relation transatlantique mais si le président américain devait dire dans les prochaines heures qu'il veut sortir de l'Accord de Paris alors il serait du devoir de l'Europe de dire: cela ne va pas comme ça", a-t-il déclaré lors d'une conférence mercredi soir en Allemagne.

Bob Iger, le PDG de Disney, lui a emboîté le pas.

Donald Trump, le 1 juin, à Washington.

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