Le pétrole baisse après le retrait américain de l'accord de Paris

Le prix du baril de "light sweet crude" (WTI), référence américaine du brut, a perdu 70 cents à 47,66 dollars sur le contrat pour livraison en juillet au New York Mercantile Exchange (Nymex). Après avoir longtemps entretenu le suspense, Donald Trump a annoncé jeudi la sortie des Etats-Unis de l'accord sur le climat. Or, c'est justement le regain de ce pétrole de schiste qui dope la production américaine depuis l'automne. "En mettant les problématiques environnementales en veilleuse, les Etats-Unis soutiennent leur industrie des énergies fossiles, ce qui pourrait doper les extractions déjà florissantes de pétrole de schiste", ont détaillé les analystes de PVM. A l'inverse, James Williams de WTRG estime que "rien de ce qu'a dit (le président américain) n'aura d'effet immédiat" sur le marché. Une perspective qui plombe le moral des marchés déjà moroses, malgré la décision prise le 25 mai dernier par l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) de relancer sa décision de réduction des quotas des pays membres, soutenue par les non-Opep, Russie en tête. "Les opérateurs de marché comme moi pensent que l'Opep n'a pas assez réduit sa production", a estimé James Williams. Pourtant, l'EIA a fait état d'une contraction des réserves d'or noir américaines la semaine passée de 6,4 millions de barils.

Les compagnies américaines ont augmenté cette semaine leur nombre de puits de forage pour une 20e semaine consécutive, série record, selon les calculs de Baker Hughes.

La baisse sensible des stocks commerciaux de pétrole des Etats-Unis, dévoilée hier, ne permet pas au baril de retrouver de l'allant. "L'offre de pétrole semble pléthorique, et comme les autorités chinoises resserrent la disponibilité du crédit, il y a également des craintes que l'économie chinoise ralentisse", ce qui pèserait sur la demande, ont noté les analystes de Société Générale.

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