Arabie saoudite et Egypte rompent leurs relations avec le Qatar

La Bourse de Doha a accusé le coup, clôturant en baisse de 7,58% tandis que des habitants se sont rués sur les produits alimentaires selon le site en ligne Doha News. Ce séisme diplomatique est intervenu 15 jours après une visite à Ryad du président américain Donald Trump qui a demandé aux pays musulmans d'agir de manière décisive contre l'extrémisme religieux.

La coalition militaire arabe, qui intervient au Yémen sous commandement saoudien, a également annoncé l'exclusion du Qatar en raison de "son soutien au terrorisme".

Le royaume a décidé de retirer le personnel de son ambassade de Doha et a donné au personnel diplomatique de Qatar 48 heures pour quitter les territoires de Bahrein.

Alliée à la fois de Ryad et de Doha, Washington a invité les pays du Golfe à rester "unis".

Le communiqué évoque "l'échec de toutes les tentatives pour dissuader (le Qatar) de soutenir les organisations terroristes", y compris la confrérie islamiste des Frères musulmans, dont est issu Mohamed Morsi.

Ce dernier y a toujours occupé une place à part, poursuivant sa propre politique régionale et affirmant son influence par le sport, grâce notamment à l'organisation du Mondial-2022 de football.

Le communiqué égyptien annonce la fermeture des frontières "aériennes et maritimes" avec le Qatar.

Le Qatar a qualifié d'"injustifiée" et "sans fondement" la décision de certains pays du Golfe, prise "en coordination avec l'Égypte".

Dans un communiqué publié par son agence de presse officielle, Bahreïn a accusé le Qatar de soutenir le terrorisme et de s'ingérer dans ses affaires intérieures.

Le Qatar, dirigé par le jeune émir cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, "n'interfère pas dans les affaires d'autrui" et "lutte contre le terrorisme et l'extrémisme", a-t-il assuré.

L'Egypte, un allié des Saoudiens, a accusé le Qatar "d'insister à adopter un comportement hostile vis-à-vis" d'elle.

Contrairement à l'Arabie, aux Émirats et à Bahreïn, les deux autres pays du Golfe -le Koweït et le Sultanat d'Oman- ont observé lundi un silence total sur la crise avec le Qatar.

L'émir du Qatar a démenti avoir tenu de tels propos mais il y a une semaine, un ministre émirati avait prévenu qu'une "grave crise" était sur le point d'éclater au sein du Conseil de coopération du Golfe.

Ces propos considérés comme authentiques par Ryad et Abou Dhabi, rompaient avec le consensus régional sur des sujets sensibles, notamment l'Iran, vu comme un allié stratégique alors qu'il est considéré par Ryad comme "le fer de lance du terrorisme".

La dernière crise ouverte dans le Golfe remonte à 2014 lorsque trois pays du CCG (Arabie, Bahreïn et Emirats) avaient rappelé leur ambassadeur à Doha pour protester contre le soutien présumé du Qatar aux Frères musulmans.

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