6 compagnies aériennes du Golfe suspendent leurs vols vers le Qatar. Vidéo

L'Arabie saoudite ferme les bureaux de la chaîne de télévision qatarie Al Jazeera  AFP

L'Arabie saoudite ferme les bureaux de la chaîne de télévision qatarie Al Jazeera AFP

Au total, six compagnies aériennes du Golfe et EgypAir ont annoncé une suspension des vols "jusqu'à nouvel ordre". Les Etats-Unis disposent au Qatar de leur plus grande base aérienne au Moyen-Orient, Al-Udeid, d'où partent de nombreux appareils bombardant l'EI en Irak et en Syrie. "Les dirigeants ont montré du doigt le Qatar - Et regardez!", avait écrit le président des Etats-Unis. Il s'agit de la crise la plus grave depuis la création en 1981 du Conseil de coopération du Golfe qui regroupe l'Arabie saoudite, le Bahreïn, les Emirats arabes unis, le Koweït, Oman, et le Qatar.

Lors du déplacement de Donald Trump à Ryad, le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson avait expliqué que ces contrats aideraient à renforcer la sécurité des partenaires de Washington dans la région, évoquant notamment "la néfaste influence iranienne et les menaces liées à l'Iran qui existent sur toutes les frontières de l'Arabie saoudite".

Le Qatar, qui se targue de jouer un rôle régional et d'avoir été choisi pour organiser le Mondial-2022 de football, a également été exclu de la coalition militaire arabe qui combat des rebelles pro-iraniens au Yémen.

Le chargé d'affaires égyptien à Doha a également été rappelé et devrait rentrer au Caire sous les 48 heures, a annoncé le ministère des Affaires étrangères égyptien dans un communiqué.

Il est aussi accusé d'entretenir des liens avec les réseaux jihadistes Al-Qaïda et EI, ainsi que les Frères musulmans classés "terroristes" par certains pays arabes.

Séisme diplomatique au Moyen-Orient: Riyad, Le Caire, Abou Dhabi et Manama ont rompu ce lundi leurs relations avec le Qatar, qu'ils accusent de soutenir le "terrorisme", quinze jours après un voyage de Donald Trump qui avait exhorté les pays musulmans à se mobiliser contre l'extrémisme.

Selon l'Arabie, Doha soutient aussi "les activités de groupes terroristes soutenus par l'Iran dans la province de Qatif (est) ", où se concentre la minorité chiite du royaume saoudien, ainsi qu'à Bahreïn, secoué depuis plusieurs années par des troubles animés par la majorité chiite de ce pays.

Ryad et Téhéran ont rompu leurs relations diplomatiques en janvier 2016 à la suite de l'exécution d'un chef chiite en Arabie. Riche pays gazier à la politique étrangère controversée, le Qatar avait au départ réagi avec colère aux décisions annoncées par Ryad et ses alliés, les accusant de vouloir le mettre "sous tutelle" et de l'étouffer économiquement.

Dès lundi, l'émir du Koweït avait reçu un conseiller du roi Salmane et appelé l'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani pour l'inviter à la "retenue".

Qatar Airways a annoncé de son côté avoir suspendu sine die tous ses vols vers l'Arabie, les Emirats, Bahreïn et l'Egypte.

Pour le ministre d'Etat émirati aux Affaires étrangères Anwar Gargash, il faut d'abord "rétablir la confiance" et obtenir des "garanties" avant de reprendre langue avec Doha.

Ces propos considérés comme authentiques par Ryad et Abou Dhabi, rompaient avec le consensus régional sur des sujets sensibles, notamment l'Iran, vu comme un allié stratégique alors qu'il est considéré par Ryad comme "le fer de lance du terrorisme".

Ils contenaient aussi des commentaires négatifs sur les relations entre l'administration Trump et le Qatar.

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