Crise dans le Golfe : Le Qatar appelle au dialogue

L'ayatollah Ali Khamenei

L'ayatollah Ali Khamenei

La fermeture du seul accès terrestre au Qatar, via l'Arabie saoudite, affectera lui les importations de biens de consommation.

Arabie saoudite, Emirats arabes unis, Bahreïn, Egypte, Yémen et Maldives ont rompu lundi leurs relations diplomatiques avec Doha. Il lui est reproché de soutenir des groupes islamistes radicaux et de ne pas prendre assez de distance avec l'Iran, grand rival de l'Arabie saoudite. L'Iran appelle le Qatar et ses voisins du Golfe à reprendre le dialogue. Le Qatar a par ailleurs été exclu de la coalition militaire arabe qui combat au Yémen des rebelles pro-iraniens. Cela est "totalement inacceptable", ont dit les Affaires étrangères à Doha.

Sur Twitter, M. Trump a écrit que l'isolement du Qatar marquera "peut-être le début de la fin de l'horreur du terrorisme", indiquant que "tous les éléments pointent vers le Qatar" dans le financement de l'extrémisme religieux. L'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, s'entretient en tête-à-tête avec Donald Trump à Ryad.

"Notre relation avec les Etats-Unis est stratégique", a insisté Abdul Rahman.

Riyad a expliqué avoir décidé de couper ses liens avec Doha en raison de son appui "à différents groupes terroristes et sectaires dans le but de déstabiliser la région", y compris Al-Qaïda, Daech (le groupe armé État islamique), les Frères musulmans et des groupes appuyés par l'Iran en Arabie saoudite.

Les accusations du président des Etats-Unis tranchent avec l'appel lundi du secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson: les Etats-Unis étant alliés à la fois de Ryad et de Doha, il avait invité les pays du Golfe à rester "unis". "Il y a des choses sur lesquelles nous ne sommes pas d'accord, mais les secteurs dans lesquels nous coopérons sont plus nombreux que ceux dans lesquels nous divergeons". Cette base, siège du commandement militaire américain chargé du Moyen-Orient, est utilisée pour les raids contre l'EI en Syrie et en Irak.

La Turquie a proposé son aide pour désamorcer la crise, alors que les chefs de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif et russe Sergueï Lavrov se sont entretenus séparément par téléphone avec leur homologue qatari. Les présidents turc Recep Tayyip Erdogan et russe Vladimir Poutine ont aussi appelé "à des solutions de compromis".

Dans la nuit de lundi à mardi, le Qatar, qui pourrait être rapidement asphyxié par ces mesures de rétorsion, a donné l'impression de chercher une issue à la crise, appelant à un "dialogue ouvert et honnête ".

Le Qatar, qui doit accueillir la Coupe du monde de football en 2022 et où sont déployés quelque 10 000 soldats américains, a dénoncé une "atteinte à sa souveraineté".

Le chef de la diplomatie saoudienne a également réclamé que Doha cesse de soutenir "les médias hostiles" et arrête de "s'ingérer" dans les affaires de ses voisins.

La semaine dernière, le Qatar s'était dit victime de "hackers" ayant publié sur le site de son agence officielle QNA de faux propos attribués à l'émir Tamim. Ils contenaient aussi des commentaires négatifs sur les relations entre l'administration Trump et le Qatar.

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