Crise dans le Golfe: suspension de vols avec le Qatar

Marché: Qatar Airways suspend ses vols vers l'Egypte Bahreïn et les Emirats Arabes Unis

Crise dans le Golfe: suspension de vols avec le Qatar

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, s'est entretenu par téléphone avec les dirigeants du Qatar, de la Russie, du Koweït et de l'Arabie saoudite, dans le but de faire retomber la tension, a-t-on dit de source présidentielle à Ankara.

Riche pays gazier à la politique étrangère controversée, le Qatar avait initiallement réagi avec colère aux décisions annoncées par Ryad et ses alliés, les accusant de vouloir le mettre "sous tutelle" et de l'étouffer économiquement.

Qatar Airways a indiqué avoir suspendu sine die tous ses vols vers l'Arabie, les Emirats, Bahreïn et l'Egypte. On n'était pas allé alors jusqu'à la fermeture des frontières et la crise diplomatique avait pris fin au bout de huit mois par un engagement du régime du Qatar à " se conformer à la plate-forme arabe ".

Quatre pays - Bahreïn, l'Arabie Saoudite, l'Égypte et les Émirats arabes unis - ont annoncé le 5 juin rompre leurs relations diplomatiques avec le Qatar, expulser des diplomates et d'autres personnalités et suspendre des vols à destination de l'émirat gazier. Isolé, le Qatar est mis au ban par plusieurs voisins, dont l'Arabie Saoudite.

Le Qatar a ensuite donné l'impression de chercher une issue à la crise, en appelant à un "dialogue ouvert et honnête".

Son émir, Cheikh Sabah al-Ahmad Al-Sabah, a reçu lundi un conseiller du roi saoudien Salmane et a ensuite appelé l'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, pour l'inviter à la "retenue".

La Turquie, qui entretient des rapports étroits avec les monarchies du Golfe, a aussi prôné le dialogue. Le pays est un allié de longue date des Etats-Unis malgré les soupçons de Washington sur la proximité entre Doha et des groupes comme le Hamas palestinien ou la confrérie des Frères musulmans.

Tentant une médiation, l'émir de Koweït s'est rendu en Arabie saoudite et a rencontré le ministre omanais en charge des Affaires étrangères, Youssef ben Alaoui Abdallah.

Mardi, le président américain Donald Trump, dont le pays est un allié de Ryad et de Doha, a jeté le trouble en soutenant dans une série de tweets l'isolement du Qatar qu'il a accusé de jouer un rôle dans le financement de l'extrémisme islamiste.

Les conséquences économiques pourraient être grandes pour le Qatar. Ce dernier y a toujours occupé une place à part, poursuivant sa propre politique régionale et affirmant son influence à travers le sport, grâce notamment à l'organisation de la Coupe du monde de football en 2022.

"Notre relation avec les Etats-Unis est stratégique", a-t-il insisté: "Il y a des choses sur lesquelles nous ne sommes pas d'accord, mais les secteurs dans lesquels nous coopérons sont plus nombreux que ceux dans lesquels nous divergeons".

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