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Gravissime accusation, surtout quand on sait que, allié de longue date des Etats-Unis, le Qatar abrite la plus grande base aérienne américaine dans la région, siège du commandement militaire chargé du Moyen-Orient. Cette base est cruciale pour la lutte menée contre l'organisation djihadiste Etat islamique en Syrie et Irak par la coalition internationale menée par Washington, et dont fait partie Doha.

Face à cette crise inédite, le Koweït a entrepris une médiation et l'émir Sabah Al-Ahmad Al-Sabah s'est rendu à Jeddah, dans l'ouest saoudien, pour rencontrer le roi Salmane.

L'Arabie saoudite, Bahreïn, les Émirats arabes unis, l'Égypte et le Yémen ont décidé de rompre leurs relations diplomatiques avec le Qatar, le 5 courant, car ce dernier serait impliqué dans le financement des terroristes.

Cette crise a poussé le Qatar à suspendre des vols aériens, fermer des frontières terrestres et maritimes et a entraîné des restrictions de déplacements pour les personnes. Dans la nuit de lundi à mardi, le Qatar a donné l'impression de chercher une issue à la crise, appelant à un "dialogue ouvert et honnête ".

Dans un appel téléphonique lundi, l'émir de Koweït a exhorté celui du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani à la retenue et à ne pas exacerber la tension, selon les médias koweïtiens.

Qatar Airways, qui assurait jusqu'alors des liaisons quotidiennes vers 9 villes saoudiennes, a de son côté annoncé avoir suspendu la totalité de ses vols desservant l'Arabie saoudite, mais aussi les Emirats arabes unis, Bahreïn et l'Egypte, pays ayant également rompu leurs relations avec Doha.

Alliés à la fois de Riyad et de Doha, les États-Unis avaient invité dès lundi les pays du Golfe à rester "unis".

Après avoir au départ prôné la confrontation, en quantifiant la décision de rupture des relations diplomatiques de tentative de l'assujettir, le Qatar a sans doute mesuré la gravité de la crise et demandé un dialogue "franc et sincère" avec l'Arabie saoudite et ses alliés.

Pour le président Recep Tayyip Erdogan, dont le pays entretient des rapports privilégiés avec le Qatar, " les sanctions prises contre le Qatar " ne sont pas " bonnes.

L'effet des mesures décidées par les adversaires du Qatar a commencé à se faire sentir.

Sur le site internet de Dubai Airports, tous les vols à destination de Doha portaient mardi matin la mention "annulé". Les clients affectés par les suspensions de vols de la compagnie qatarie peuvent aujourd'hui se faire rembourser leurs billets ou réserver des vols vers d'autres destinations. Les citoyens qataris ont, pour leur part, 14 jours pour quitter l'Arabie saoudite, les Emirats et le Bahreïn, trois pays dont les ressortissants se voient interdire l'entrée au Qatar.

"La semaine dernière, la baisse hebdomadaire des réserves des Etats-Unis n'avait pas réussi à déclencher un rebond, et les tensions entre le groupe Arabie saoudite-Emirats Arabes Unis et le Qatar n'y parviennent pas non plus", a souligné un autre analyste.

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