L'Arabie saoudite et ses alliés rompent avec le Qatar accusé de " terrorisme "

Les compagnies aériennes émiraties Etihad, Emirates et flydubai ainsi que la Saoudienne Saudia ont annoncé lundi la suspension de tous leurs vols à destination et en provenance du Qatar, après la rupture des relations d'Abou Dhabi et Ryad avec Doha.

Ils ont rompu toutes relations diplomatiques avec ce pays car ils accusent leurs autorités d'avoir soutenu le " terrorisme ".

Elle a provoqué une réaction mesurée de Washington, allié à la fois de Ryad et de Doha, qui a invité les pays du Golfe à rester "unis".

En 2014, Ryad, Manama et Abou Dhabi avaient rappelé leurs ambassadeurs à Doha pour protester contre le " soutien " du Qatar aux Frères musulmans.

Ce dernier y a toujours occupé une place à part, poursuivant sa propre politique régionale et affirmant son influence par le sport et les médias, avec l'organisation du Mondial-2022 de football et la chaîne de télévision Al-Jazeera.

Le régime de Caire et plusieurs pays du golfe ont classé la confrérie islamiste des Frères musulmans, dont est issu Mohamed Morsil au nombre des "organisations terroristes" du fait qu'elle véhiculerait "l'idéologie d'Al-Qaïda et de Daesh et de soutenir les opérations terroristes dans le Sinaï", rapporte le communiqué.

Le Qatar a également été exclu de la coalition militaire arabe qui combat au Yémen des rebelles pro-iraniens, une décision saluée par le pouvoir yéménite qui a aussi rompu avec Doha.

Le Qatar, dirigé par le jeune émir cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, "n'interfère pas dans les affaires d'autrui" et "lutte contre le terrorisme et l'extrémisme", selon elles.

La visite du président Trump à Ryad, son premier déplacement à l'étranger, avait été couronnée par la signature d'un accord sur "une vision stratégique" pour renforcer les relations économiques et de défense entre le royaume saoudien et les Etats-Unis. Cette base, siège du Centcom, le commandement militaire chargé du Moyen-Orient, est utilisée notamment pour les raids américains contre le groupe terroriste État islamique (EI) en Syrie et en Irak.

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a exprimé durant une conversation téléphonique avec son homologue qatari sa " forte préoccupation face à l'émergence d'un nouveau foyer de tensions dans le monde arabe " et appelé au dialogue. Les présidents turc Recep Tayyip Erdogan et russe Vladimir Poutine ont discuté au téléphone de la crise et appelé au dialogue pour "parvenir à des solutions de compromis".

Cette crise diplomatique fait également suite à des semaines de tension entre Doha et ses voisins, les Qataris ayant notamment parlé d'une campagne médiatique concertée contre l'émirat.

Ces propos controversés rompaient avec le consensus régional sur plusieurs sujets sensibles, notamment l'Iran, vu comme un allié stratégique alors qu'il vient d'être accusé par l'Arabie saoudite d'être "le fer de lance du terrorisme".

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