Rupture diplomatique : L'Arabie déclare une guerre économique au Qatar

Qatar des soupçons récurrents

Rupture diplomatique : L'Arabie déclare une guerre économique au Qatar

Se sont ajoutées des mesures économiques comme la fermeture de toutes les frontières terrestres et maritimes entre ces pays et le Qatar, ainsi que des interdictions de survol aux compagnies aériennes qataries ou des restrictions aux déplacements des personnes.

Peu de ressortissants du Qatar vivent et travaillent dans les pays voisins mais la fermeture du seul accès terrestre au Qatar, via l'Arabie saoudite, affectera les importations de biens de consommation, notamment de produits alimentaires.

Elle a provoqué une réaction mesurée de Washington, allié à la fois de Ryad et de Doha, qui a invité les pays du Golfe à rester "unis".

La base d'Al-Udeid, qui abrite au moins 10 000 soldats américains, est l'un des principaux éléments de soutien aérien aux opérations de l'US Air Force en Irak, en Syrie et en Afghanistan.

Allié de longue date des Etats-Unis, le Qatar abrite la plus grande base aérienne américaine dans la région, siège du commandement militaire chargé du Moyen-Orient.

De même, le patron de la Ligue arabe Ahmed Aboul Gheit a " regretté " cette crise et s'est dit "prêt à œuvrer " " pour combler le fossé " entre les différentes parties.

Net regain de tension au Moyen-Orient, alors qu'y a éclaté lundi la crise diplomatique la plus grave depuis la création en 1981 du Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui regroupe l'Arabie saoudite, Bahreïn, les Emirats arabes unis (EAU), le Koweït, Oman et le Qatar.

En cas de déssaisissement du Qatar, les États-Unis pourraient se voir confier l'organisation de l'évènement. Officiellement, le Qatar est accusé par ces " frères-ennemis " de déstabiliser la sécurité et la stabilité de la région en soutenant les Frères musulmans, Daech (Etat Islamique, autoproclamé), Al Qaïda et les rebelles houthis.

Ryad et Téhéran ont rompu leurs relations diplomatiques en janvier 2016 à la suite de l'exécution d'un chef chiite en Arabie. Le Qatar qui a réagi en accusant à son tour ses voisins du Golfe de vouloir le mettre "sous tutelle" et de l'étouffer économiquement. a rejeté une décision "injustifiée" et "sans fondement". Cela est "totalement inacceptable", ont dit les Affaires étrangères à Doha.

Dès lundi, l'émir du Koweït avait reçu un conseiller du roi Salmane et appelé l'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, pour l'inviter à la "retenue".

Mais le ton a changé mardi avec les tweets de M. Trump, qui a aussi établi un lien entre son discours en mai à Ryad sur l'extrémisme islamiste et la décision d'isoler le Qatar.

Cette crise intervient alors que les autorités qataries ont affirmé la semaine dernière avoir été victimes de "hackers" ayant publié sur le site internet de l'agence de presse officielle QNA de faux propos attribués à l'émir Tamim. Des déclarations rompant avec le consensus régional sur des sujets sensibles, et notamment l'Iran, vu comme un allié stratégique par Doha mais considéré par les Saoudiens comme "le fer de lance du terrorisme".

En plus du blocus politique et économique, les gouvernements saoudien et émirien exigent que le Qatar expulse tous les leaders des Frères musulmans et du Hamas (qui contrôle la bande de Gaza), ainsi que l'ancien député arabe israélien, Azmi Bishara, très proche de l'émir Al-Thani et président de l'Institut de Doha.

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