Theresa May promet "une période de stabilité" — Grande-Bretagne

La Première ministre britannique Theresa May et son adversaire Jeremy Corbyn ont tenu mercredi leurs ultimes meetings d'une campagne électorale marquée par des attentats jihadistes à la veille de législatives au résultat déterminant pour

Début du vote pour des législatives cruciales pour le Brexit

Ils perdent toutefois leur majorité absolue.

La Première ministre conservatrice est la grande perdante de ces élections, puisque son parti, initialement donné largement favori, semble devoir reculer en nombre de sièges alors qu'elle avait demandé aux électeurs de lui donner une majorité renforcée pour aller négocier le Brexit. En comparaison, il avait suffi à Tony Blair, lors de sa dernière victoire en 2005, de 35% des voix pour remporter une nette majorité absolue en sièges.

En 1983, le programme à gauche toute des travaillistes, qui les avait conduit à un désastre électoral face à Margaret Thatcher, avait été qualifié par un observateur de "note de suicide la plus longue de l'histoire": cette fois-ci, avant même le scrutin, le chroniqueur du Financial Times John Gapper avait estimé que si Theresa May perdait son pari personnel, le programme de son parti resterait "la note de suicide la plus vague de l'histoire".

L'"échec" annoncé des Tories a provoqué une chute de la livre sterling, à 1,2723 dollar pour une livre contre 1,2962 la veille.

Pour Mike Finn, de l'université de Warwick, le Royaume-Uni s'expose "à une période de coalition ou à de nouvelles élections". Toutefois, "je ne suis pas sûr qu'il faille lire les résultats de ce scrutin comme remettant en cause en quoi que ce soit la position exprimée souverainement par les Britanniques sur le Brexit", a-t-il ajouté. Leur numéro 2, Angus Robertson, ainsi que leur ancien leader, Alex Salmond, sont battus. Enfin, le parti Ukip, grand artisan du Brexit, disparaît du Parlement. Les Lib-Dem ont prévenu jeudi soir qu'il n'y aurait "pas de coalition". Dans ce cas, ils seraient seuls au pouvoir mais s'assureraient du soutien ponctuel d'autres partis pour faire voter leurs projets au Parlement. "C'est un désastre pour Theresa May".

A la place, "elle se retrouve fortement affaiblie avec un crédit politique très entamé au moment d'attaquer les négociations", souligne Keith Featherstone, spécialiste de politique européenne à la London School of Economics.

La cheffe du gouvernement écossais réclame ce second référendum, après celui perdu par les indépendantistes en 2014, refusant que l'Écosse, majoritairement europhile, soit entraînée dans le Brexit contre son gré.

L'état-major du Parti conservateur serait divisé sur le sort à réserver à sa chef.

Si les résultats du sondage se confirment, cette élection affaiblirait la position de Mme May pour les prochaines négociations avec Bruxelles - et ce à supposer qu'elle conserve son poste de Première ministre.

Le scrutin anticipé a été déclenché trois ans avant la fin de la législature de Theresa May, qui souhaitait obtenir un mandat fort pour aller négocier le Brexit avec les 27 pays de l'UE.

Mais M. Corbyn a mené une campagne plus réussie qu'attendu, multipliant les meetings au contact des électeurs et exploitant plusieurs faux-pas de Mme May, notamment sur la protection sociale.

Ces négociations doivent durer deux ans.

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