Un partenaire britannique "faible" est "mauvais" pour négocier le Brexit (Oettinger)

La Première ministre conservatriceTheresa May est sous pression ce vendredi, après la perte par son parti conservateur de la majorité absolue au Parlement britannique, un résultat qui plonge le pays dans l'incertitude avant l'ouverture des négociations du Brexit.

C'est Theresa May qui avait demandé ces élections pour accroître sa majorité mais on peut dire qu'elle s'est fait prendre à son propre jeu.

Le nombre de sièges des conservateurs passera donc de 330 à 318, alors que les travaillistes en ont gagné 30.

Ces élections législatives anticipées devaient donner une majorité renforcée à Theresa May pour arriver en position de force à la table de négociations avec l'Union européenne en vue du Brexit. Une situation qui se produit paradoxalement alors que les deux principaux partis obtiennent un score combiné inédit depuis les années 1970, les conservateurs étant donnés à plus de 42% des voix et les travaillistes à plus de 40%. Sa campagne électorale a été d'une affliction totale, elle a multiplié les gaffes, les attaques personnelles contre Jeremy Corbyn, attaques indécentes et décalées dignes d'une dame patronnesse de la fin du XIXème siècle, avec des grimaces pathétiques et appropriées à l'évocation du nom de son adversaire travailliste, et des annonces catastrophiques telles que la dementia tax, raccourci linguistique pour résumer son sinistre et cynique conseil aux électeurs âgés et généralement conservateurs de vendre leur biens pour faire face aux soins liés à la maladie d'Alzheimer et de ne pas compter sur l'aide de l'État.

Dès la fermeture des bureaux, la projection de ce résultat avait provoqué une chute de la livre sterling à New York, tant face à l'euro que face au dollar. Ils ne constituent cependant pas totalement le scénario rêvé des "europhiles" britanniques, qui espéraient que le SNP ou les libéraux-démocrates se retrouveraient véritablement "faiseurs de roi". "Le principe du Brexit n'est pas remis en question". Le parti europhobe Ukip a lui disparu du Parlement, selon ces projections. Le Scottish Nationalist Party serait l'autre grand perdant, puisque son groupe à Westminster passerait de 54 à 35, les petits partis reculeraient de 27 à 22 sièges. Et de poursuivre. " En ce moment, plus que toute autre chose, ce pays a besoin d'une période de stabilité ", rappelant au passage que la priorité était d'obtenir " un bon accord pour le Brexit ".

Corbyn est "bien plus authentique que la robotique Theresa May", résume Tim Bale, professeur à l'université Queen Mary de Londres.

Faisant preuve de pragmatisme, le pacifiste de 68 ans n'a pas ménagé non plus ses attaques dans le dossier sécuritaire, pointant les coupes menées par Mme May dans les effectifs de police alors qu'elle était ministre de l'Intérieur. Cela fragilise la cheffe du gouvernement écossais Nicola Sturgeon dans sa volonté d'organiser un nouveau référendum sur l'indépendance de l'Écosse. Deux de leurs poids lourds, l'ex-dirigeant du parti Alex Salmond et son numéro deux actuel, Angus Robertson, ne sont pas reconduits. "Les électeurs n'aiment pas qu'on prenne leur vote pour acquis", dit-il, énumérant le référendum sur le Brexit et l'élection du président américain Donald Trump. Ces négociations doivent durer deux ans.

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