L'Iran, nouvelle victime de l'EI

Les députés iraniens à Téhéran le 1er mars 2016

Les députés iraniens à Téhéran le 1er mars 2016

Dans une vidéo de propagande en langue farsi, publiée le 27 mars dernier, l'EI avait déjà menacé l'Iran et son guide suprême Ali Khamenei, dénonçant son rôle dans les conflits régionaux. Mais pour la première fois, une attaque sur le sol iranien est revendiquée par l'Etat islamique.

Au mausolée du fondateur de la République islamique l'imam Khomeiny dans le sud de Téhéran, un homme s'est fait exploser faisant des blessés, selon les médias d'Etat. " Les Iraniens sont sous le choc car cela faisait plus de 30 ans que Téhéran n'avait pas été touchée par une attaque venant de l'étranger, indique notre correspondante". L'un s'est fait exploser, l'autre...

Selon Mohammad Hossein Nejat, chef adjoint des services de renseignement des Gardiens de la révolution, l'Arabie saoudite et les États-Unis ont " ordonné à leurs marionnettes " de mener ces attentats, a-t-il déclaré à l'agence Fars.

Autour des sites visés, distants d'une vingtaine de kilomètres, d'imposantes forces de sécurité restaient présentes et des stations de métro étaient fermées.

Au moins 12 personnes ont été tuées et 43 blessées en Iran ce mercredi 7 juin dans une double attaque terroriste, selon un bilan cité par The Guardian.

En parallèle, le Sénat américain a voté à 92 voix contre 7 mercredi une loi qui impose de nouvelles sanctions à l'Iran, notamment pour "soutien à des actes de terrorisme international".

Selon le ministère des Renseignements, un autre groupe de "terroristes" a été neutralisé à Téhéran avant de pouvoir passer à l'action. Lors d'un récent voyage en Arabie saoudite, grande rivale sunnite de l'Iran chiite, M. Trump avait appelé toutes les nations "à isoler l'Iran". Téhéran aide militairement l'Irak dans sa lutte contre l'EI.

Les Émirats arabes unis ont condamné les attentats en dépit du fait d'avoir rompu avec le Qatar en l'accusant à la fois de soutenir "le terrorisme" et de se rapprocher de l'Iran. Daech a revendiqué ces attaques.

De tels attentats sont exceptionnels à Téhéran, les derniers ayant eu lieu dans les années ayant suivi la révolution islamique de 1979, commis pour la plupart par l'organisation armée des Moudjahidines du peuple. Certes, depuis plusieurs mois, les autorités annoncent régulièrement que des cellules terroristes sunnites ont été démantelées.

Si ces dernières années certaines régions proches des frontières avec l'Irak, l'Afghanistan et le Pakistan ont été ciblées par des groupes armés, les grands centres urbains avaient jusqu'alors été épargnés. C'est très clair pour les Iraniens: ils savent que si l'EI prend vraiment pied dans un pays de la région, cela entraînera de plus fortes tensions entre les chiites et les sunnites.

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