L'homme "moderne" est né au Maghreb, il y a 300 000 ans

Des différences qui puiseraient leurs sources au sein de mutations produites durant ces 300 000 ans chez notre espèce, qui auraient impacté la connectivité de ce cerveau.

Cette découverte bouleverse les certitudes sur l'origine et l'évolution humaine car jusqu'à présent, on pensait que l'Homo sapiens, qui a donné naissance à l'homme moderne, remontait à environ 200 000 ans. C'était la thèse dite du "jardin d'Eden " - une dénomination qui ne pouvait que plaire à ces messieurs du Vatican. Un scénario aujourd'hui remis en cause par l'équipe codirigée par le professeur Abdelouahed Bennacer de l'Institut national d'archéologie et du patrimoine et le professeur Jean-Jacques Hublin de l'Institut Max Planck d'anthropologie évolutionnaire (Leipzig, Allemagne) et du collège de France (chaire de paléoanthropologie).

Outils de pierre du milieu de l'âge de pierre, qui ont été trouvés à Jebel Irhoud (Maroc) par une équipe internationale de chercheurs. Et voilà que l'on vient d'exhumer des restes d'Homo sapiens quasiment à notre porte, au Maroc, sur un djebel à l'ouest de Marrakech. Un pas de plus vers l'identification des origines de notre humanité.

Car selon les chercheurs, les cinq Homo sapiens retrouvés à Jebel Irhoud ne seraient pas les seuls représentants de notre espèce a peupler l'Afrique à cette époque.

Les physiciens désignent sous le nom de thermoluminescence le fait que certains minéraux, tels le quartz, l'alumine ou le feldspath, accumulent en eux l'énergie provenant de la radioactivité naturelle ambiante, et qu'un chauffage à 500 °C ou plus libère cette énergie sous forme lumineuse.

Nos manuels d'Histoire nous ont longtemps enseigné que les premiers habitants du Maroc étaient les "Banou Mazigh, venus du Yémen et du Sham", une théorie amplement décriée par de nombreux historiens et militants qui se sont insurgés contre ce qu'ils considéraient comme une tentative d'arabiser les origines amazighes des Marocains.

La vision d'un jardin d'Eden en Afrique de l'Est qui aurait été un berceau tel que Yves Coppens nous en faisait le récit n'est sans doute plus la bonne. Homo sapiens, l'homme moderne, était présent il y a 300 000 ans, dans le "Sahara vert " qu'était alors l'Afrique, à la faveur de modifications comportementales et biologiques.

La raison de cette prudence? Ailleurs en Afrique, d'autres fossiles pourraient bientôt "parler", qui montreraient que des représentants de notre espèce vivaient en différents points du continent dès avant 300.000 ans.

Ils ont découvert des restes d'Homo sapiens primitifs associés à des outillages de pierres et des restes de faunes, sur le sol marocain donc. Ethiopie, Maroc, Afrique du Sud.

Homo sapiens est la dernière espèce d'Homo qui a survécu sur Terre.

Pour le paléontologue Pascal Picq, interrogé sur Europe 1 jeudi matin, "le schéma des débuts de notre espèce se consolide". Homo naledi, une espèce disparue d'hominidés récemment découverte en Afrique du Sud, est aujourd'hui au centre d'une controverse. Dans les années 1960, des os primitifs d'hommes de Néandertal y avaient déjà été retrouvés. C'est ainsi que le quotidien français Le Monde, dans sa version électronique du mercredi relate sobrement dans un long article le fait non sans tarir d'éloges sur cette découverte pour le moins déconcertante quant aux origines de l'Homme anatomiquement moderne.

Paléoracisme ou pas, ces différentes espèces d'hommes se sont croisées et ont eu entre elles des échanges.

On a coutume de dire que l'Afrique est le berceau de l'humanité.

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