Abstention record pour une victoire annoncée — Législatives

Législatives 2017 : l'élection dont tout le monde se fout ?

Législatives: vers une abstention record

Les derniers sondages Ipsos/Sopra Steria pour France Télévisions et Radio France, publiés hier vendredi 9 juin donnent une nette avance à la République en Marche, créditée de 31% des intentions de vote, avec une projection de 397 à 427 sièges à l'issue des résultats des législatives. Triste record. C'est la plus faible participation depuis 1958.

Ces élections législatives sont importantes pour la gouvernance en France. Il s'agit de construire au Parlement une majorité la plus solide possible, afin d'éviter une cohabitation et avoir les coudées franches pour appliquer son programme, à commencer par la réforme du Code du Travail.

Le Premier ministre Edouard Philippe avait tôt accompli son devoir électoral dans sa ville du Havre, via une machine électronique à voter.

A gauche, après le tout petit score de Benoît Hamon à la présidentielle, c'est un Parti socialiste (PS) plus affaibli et divisé que jamais qui espère limiter l'ampleur de la débâcle qui lui est prédite.

C'est "une déception", a reconnu son vice-président Florian Philippot: la barre des quinze députés pour former un groupe avait longtemps constitué un objectif minimal. A défaut de majorité absolue (289 députés sur 577), le président Macron devra bâtir une coalition avec des élus de droite et de gauche - contre les consignes officielles des partis d'origine- ou bien obtenir au cas par cas les voix des députés pour faire passer ses textes.

Pour la première fois de l'histoire de la Ve République, l'abstention aux législatives dépasserait la barre des 50% au premier tour.

Les divisons internes, notamment sur la question de la sortie de l'euro et la prise de distance de la très populaire Marion Maréchal-Le Pen, nièce de Marine, ont cependant ébréché les espoirs du Front National de remporter les 45 circonscriptions où Marine Le Pen a obtenu plus de 50% au deuxième tour de la présidentielle.

Le match dans le match entre la France insoumise (FI) et le Parti communiste (PCF) a tourné à l'avantage du mouvement initié par Jean-Luc Mélenchon, que ce dernier a présenté aussitôt comme "l'opposition écologique et sociale, le mouvement humaniste dont le pays a besoin ".

Dans un tel dispositif, les candidats de la République en Marche pourraient ainsi tirer leur épingle du jeu, et se retrouver dans des duels qui profiteront davantage à la formation centriste, la plus à même de rassembler les électeurs des partis éliminés, du moins en théorie. Mais le PCF, avec 2,72 %, éprouve rudement la vérité de son attrait politique.

Résultat, plusieurs figures du PCF sont d'ores-et-déjà hors-courses: Isabelle de Almeida, présidente du conseil national du PCF, est largement devancée par le candidat FI, Boris Obama, dans la 3e circonscription de la Côte-d'Or (1,7 % contre 12,6 %). Patrick Le Hyaric, directeur de L'Humanité et député européen, ne recueille que 8,76 % des voix dans la 6eme circonscription de Seine-Saint-Denis contre 19,35 % pour Bastien Lachaud (FI).

Les ministres candidats, dont le maintien au gouvernement est lié à leur victoire personnelle, profitent de ce raz-de-marée.

Quant au Front national, un mois après son score record au second tour de la présidentielle, il obtiendrait seulement 1 à 5 sièges, contre 2 lors de la précédente législature.

Si Emmanuel Macron obtient la majorité absolue, "ce serait un exploit politique total".

Le résultat de ces rivalités montre toutefois que ceux autour desquels nombre de commentateurs estimaient que le rassemblement de la gauche et des écologistes devait se faire n'étaient pas nécessairement le premier choix des électeurs.

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