Déferlante Macron en vue sur l'Assemblée nationale — Législatives françaises

Le raz-de-marée annoncé s'est finalement transformé en tsunami.

Si le second tour devait confirmer la tendance du premier, Macron se retrouverait ainsi avec un "problème de riche": gérer une assemblée composée majoritairement de petits soldats qui vont devoir apprendre le travail parlementaire "sur le tas". Le tout, sur fond d'abstention record, avec environ un électeur sur deux qui ne s'est pas déplacé pour voter.

Le parti de M. Macron, La République en marche (LREM), et ses alliés centristes du MoDem devancent largement la droite (21,56%) et le Front national (extrême droite, 13,20%), selon les résultats définitifs du ministère de l'Intérieur publiés lundi à 01h30 (dimanche 23h30 GMT).

Le Premier ministre Edouard Philippe a jugé que les électeurs avaient confirmé leur "attachement dans le projet de renouvellement, de rassemblement et de conquête" de M. Macron.

Pour le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, "les Français, ce soir, par leur vote, ont montré massivement leur volonté d'aller vite sur les sujets majeurs".

Le Premier secrétaire du Parti Socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, a pour sa part déploré un "recul sans précédent de la gauche dans son ensemble et du PS en particulier ". Le candidat du PS à la présidentielle Benoît Hamon a lui aussi été éliminé dès le premier tour, tout comme les anciennes ministres écologistes Cécile Duflot et Emmanuelle Cosse.

Son successeur à Matignon Bernard Cazeneuve a appelé à "rebâtir la gauche de gouvernement".

Le risque d'éclatement plane aussi sur la famille LR-UDI entre ceux qui sont prêts à travailler avec Emmanuel Macron et ceux qui voudront en rester à l'opposition frontale sur des bancs de droite réduits de moitié par rapport à la dernière législature. Dont une partie devrait soutenir la majorité présidentielle. Le chef de file de la droite à ces législatives, François Baroin, a appelé à la mobilisation pour éviter des "pouvoirs concentrés" dans "un seul et même parti". Avec un tel niveau, les projections en sièges d'Ipsos Steria créditaient la majorité présidentielle de 415 à 455 sièges sur les 577 en jeu.

Pour le FN, c'est une déception: la barre des quinze députés pour former un groupe avait longtemps constitué un objectif minimal.

Mme Le Pen, en tête avec 46% des voix dans le Pas-de-Calais, a centré sa riposte sur le 'taux d'abstention catastrophique' qui 'pose la question du mode de scrutin' majoritaire.

"Pourtant divisés, la France insoumise (FI) de Jean-Luc Mélenchon et le PCF pourraient espérer entre 10 et 23 fauteuils". Mais "la division des forces de gauche se paie très cher", regrette le communiste Pierre Laurent. Après lui avoir offert l'Elysée il y a un peu plus d'un mois, c'est une majorité à l'Assemblée nationale que les électeurs s'apprêtent à lui confier.

Pour la première fois de l'histoire de la Cinquième République, le taux d'abstention au premier tour des élections législatives pourrait dépasser 50%.

La France insoumise, le mouvement du tribun de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon, obtiendrait 12,5%, loin devant le Parti socialiste de l'ancien président François Hollande (8%), plombé par une défaite historique au premier tour de la présidentielle. Le parti du Président Macron est donc en passe d'obtenir une des plus larges majorités de la 5e République, sans toutefois effacer le record de l'UDF-RPR en 1993 (484 sièges).

Des propos polémiques ont resurgi, et surtout des candidats ont vu leur probité mise en cause - à commencer par l'un des plus proches du président, le ministre de la Cohésion des territoires Richard Ferrand, en ballottage favorable dimanche, tout comme la ministre aux Affaires européennes Marielle de Sarnez, tout près de l'emporter à Paris bien qu'elle ait été citée dans une affaire d'emplois fictifs présumés au Parlement européen.

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