Des législatives qui vont peser sur le Brexit — UK

Comparaison des sièges obtenus par parti et évolution par rapport aux élections de 2015-AFP  Kun TIAN

Theresa May conclut une entente avec le Parti unioniste démocrate

La Première ministre Theresa May a annoncé vendredi la formation d'un nouveau gouvernement qui "mènera à bien le Brexit", bien que son parti conservateur ait perdu la majorité absolue à l'issue des législatives de jeudi.

On se demande aussi à Bruxelles comment Theresa May va parvenir à se débarrasser de la promesse imprudente qu'elle a faite en s'engageant à régler le statut futur du Royaume-Uni vis-à-vis de l'Union avant la conclusion des négociations sur le Brexit, ce que refusent les Européens. "Unissons nos efforts pour conclure un accord", a-t-il tweeté.

Le Parti conservateur a perdu son bastion de Kensington, dans l'est de Londres, au profit du Parti travailliste qui l'emporte avec vingt voix d'avance, ultime affront à la Première Ministre Theresa May. "J'espère que nous ne serons pas confrontés à un retard supplémentaire dans la conclusion de ces négociations", a déclaré depuis Prague le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, en marge d'une conférence ministérielle sur la sécurité et la défense de l'UE. Car si les conservateurs ont fini en tête malgré la perte de 12 sièges, l'opposition travailliste a gagné, elle, une trentaine de sièges, selon les résultats quasi définitifs.

Mme May, qui disposait d'une majorité de 17 sièges dans le Parlement sortant, espérait avoir les coudées franches pour négocier un Brexit "dur" avec les 27 à partir du 19 juin, un an après le référendum pour la sortie de l'UE.

Le chef du parti travailliste a sauvé sa tête: objet de régulières tentatives de putsch au sein de son parti, dont l'aile centriste ne supporte pas ses idées radicales, estimant qu'elle leur barre l'accès au pouvoir, Jeremy Corbyn peut savourer sa victoire.

Alors que l'hypothèse d'une démission de Theresa May est évoquée, malgré la constitution d'un gouvernement avec ses alliés nord-irlandais du DUP vendredi après-midi, Londres pourrait se trouver en effet privé à la fois d'une stratégie et d'une équipe de négociation.

La livre sterling a immédiatement chuté à l'annonce des résultats, tant face à l'euro qu'au dollar. Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a lui aussi appelé à "faire le maximum pour éviter" une absence d'accord.

Un an après le vote en faveur d'une sortie de la Grande-Bretagne de l'UE, la représentante de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, souligne cependant qu'il est toujours "difficile de prévoir" quand le pays aura une stratégie claire.

Theresa May a alors su jouer ses cartes habilement et incarner dans une période turbulente une figure rassurante de femme sérieuse, honnête, sobre et "pragmatique", qualités que lui attribuent ses partisans, pour conduire le pays à l'un des moments les plus incertains de son histoire. Les conservateurs obtiendraient 314 sièges (sur 650) à la Chambre des communes, selon un sondage sortie des urnes, soit 16 de moins qu'actuellement.

Theresa May, photographiée le 9 juin 2017. À Paris, le Premier ministre Edouard Philippe a jugé que ces résultats étaient "une forme de surprise" mais qu'ils ne remettaient pas "en cause" le Brexit.

C'est également une lourde défaite pour le SNP - le parti indépendantiste écossais - qui ne remporte que 35 sièges contre 54 auparavant.

"Je suis tellement contente, c'est une véritable vengeance pour nous" se réjouissait Sarah Holmes, 26 ans, en fêtant le bon résultat du Labour dans un bar de Londres. "C'est la leçon des deux dernières années", estime Brian Klaas, de la London School of Economics.

La première ministre britannique a perdu son pari, preuve que le vote des électeurs n'est jamais acquis.

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