Législatives: abstention record pour une victoire annoncée

La droite, qui espérait en début de campagne priver le nouveau président Macron de majorité, terminerait avec 80 à 132 élus LR et UDI.

"Les électeurs ont le sentiment que les jeux sont faits après la présidentielle, et se disent +à quoi bon aller voter+", selon Frédéric Dabi, directeur adjoint de l'institut de sondage Ifop.

Les derniers sondages donnent au mouvement du président, La République en marche!, 30% des intentions de vote devant le parti de droite Les Républicains (20%) et le Front national (extrême droite, 18%), en difficulté après l'échec de sa dirigeante Marine Le Pen face à Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle de mai.

Estimations et projections ont été réalisées par Ipsos-Sopra Steria pour France Télévisions/Radio France, LCP-Public Sénat, France 24, Le Point, Kantar Sofres-Onepoint pour TF1/RTL/LCI et Elabe pour BFMTV/RMC. Pour la première fois depuis près de 60 ans, l'abstention dépasserait la barre des 50% au premier tour des législatives. Au terme d'une campagne atone qui a vu la REM creuser nettement l'écart sur ses rivaux, l'abstention pulvérise le précédent record pour un premier tour, qui remontait à 2012 (42,8%, puis 44,6% au second tour).

Traditionnellement plus faible à l'élection présidentielle, l'abstention avait atteint 22,23% des inscrits au premier tour le 23 avril.

Depuis l'entrée en vigueur en 2002 du quinquennat et du calendrier faisant se succéder la présidentielle et les législatives, " c'est un scrutin qui a perdu son autonomie.

L'abstention, elle, est estimée à 50,2%, un record.

Les Français de l'étranger, qui ont voté par anticipation le week-end dernier, ont plébiscité les candidats de La République en Marche!, en mesure de l'emporter dans dix des onze circonscriptions en jeu. Les Frontistes n'auront pas plus de 5 sièges.

Quoiqu'il en soit, la faible participation devrait avoir pour effet mécanique une limitation du nombre de députés élus dès dimanche, et du nombre de triangulaires le 18 juin.

Nous appelons les électrices et les électeurs de gauche, qu'ils aient voté ou qu'ils se soient abstenus au premier tour, à se mobiliser autour de ces candidatures et à permettre ainsi l'élection de femmes et d'hommes de terrain, qui ont toujours combattu les politiques d'austérité, et les injustices. Même en 1993, quand seuls 57 députés PS ou apparentés avaient été élus, le parti avait recueilli 17,40% des voix. Si aucun candidat ne remplit cette condition, les deux candidats arrivés en tête peuvent se maintenir. Parmi ceux qui avaient le plus voté, la Corrèze (52,36% à 17H00), le Gers (51,23%), les Côtes-d'Armor (48,93%).

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