Législatives : "match plié" mais pas de "Macron-mania"

L'Assemblée nationale à Paris le 19 juin 2007  AFP  Archives

L'Assemblée nationale à Paris le 19 juin 2007 AFP Archives

Le PS et son allié PRG obtiennent 9,5% et sont légèrement devancés en voix par La France insoumise (11%) de Jean-Luc Mélenchon.

Si ces résultats se confirment, Emmanuel Macron pourrait se retrouver avec entre 390 et 430 400 députés soutenant sa politique à l'Assemblée nationale, la droite en aurait entre 85 et 125, le PS entre 20 et 35, France Insoumise entre 11 et 21 et le Front National de 3 à 10.

Un mois après son entrée à l'Elysée, Emmanuel Macron est en position de force pour s'assurer une majorité sans partage après un premier tour des législatives où son parti a laminé tous ses adversaires, sur fond d'abstention record. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Un score retentissant pour ce mouvement qui n'existait pas il y a encore un an et a réussi à laminer les partis traditionnels de gauche et de droite se partageant le pouvoir en France depuis 60 ans.

C'est l'abstention qui en est sortie grand vainqueur: 51,29% des électeurs ne se sont pas rendus aux urnes.

Le Parti socialiste, qui contrôlait la moitié de l'Assemblée sortante, s'effondrerait autour de 15 à 40 sièges, soit encore moins que les 57 de la débâcle de 1993. C'est un "recul sans précédent de la gauche", a reconnu son Premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis, qui a mis en garde contre le risque de "l'unanimisme" au Parlement. Le chef de file de la droite à ces législatives, François Baroin, a appelé à la mobilisation pour éviter des "pouvoirs concentrés" dans "un seul et même parti".

L'Assemblée nationale sera en tout état de cause profondément renouvelée à l'issue du second tour dimanche prochain.

Pour ce parti anti-immigration et europhobe, c'est "une déception", a reconnu son vice-président Florian Philippot.

A l'autre extrême, la gauche radicale de Jean-Luc Mélenchon obtiendrait 10 à 23 sièges.

La République en marche!

Six membres du gouvernement, qui devront démissionner en cas de défaite, jouent leur avenir: Richard Ferrand, pris dans une affaire immobilière qui a terni la campagne de la REM, vire en tête à 33,93% dans le Finistère; Christophe Castaner, en très bonne posture avec 44% dans les Alpes-de-Haute-Provence; Bruno Le Maire, en ballotage très favorable avec 45%; Annick Girardin, qui fera face à un second tour difficile, Mounir Mahjoubi, largement en tête dans la 16e circonscription de Paris selon des résultats provisoires.

Leur manque de notoriété ou d'expérience ne les empêche pas d'avoir le vent en poupe, portés par la popularité du nouveau chef de l'Etat français, qui connaît un indéniable état de grâce en ce début de quinquennat. Premiers pas sur la scène internationale jugés réussis, confiance des investisseurs. Certains évoquent une véritable "Macronmania". Les titres des quotidiens nationaux ne laissent aucun doute sur l'ampleur du résultat final.

Pour autant, "ni ses 24% du premier tour de l'élection présidentielle, ni les 50% d'abstention de ce dimanche ne doivent donner l'illusion d'une France convertie à la +Macron-mania+", relève Nicolas Beytout dans L'Opinion.

Fort d'une large majorité à l'Assemblée, Emmanuel Macron, félicité dimanche soir par la chancelière allemande Angela Merkel, aura les mains libres pour appliquer son programme de réformes sociales-libérales: moralisation de la vie politique, assouplissement du droit du travail, réduction des déficits publics pour se conformer aux règles européennes.

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